Cameroun – Cinéma. Le dernier clap de Yahra

La semaine internationale du festival s’est achevée par la projection du film algérien « Le puits » samedi à l’IFC de Yaoundé.

C’est avec « Le Puits », un film algérien du réalisateur Lofti Bouchouchi, que le festival Yahra, semaine internationale dédiée à la première œuvre cinématographique de réalisateurs locaux et internationaux, s’est achevé samedi dernier à l’Institut Français du Cameroun. C’était en présence de l’ambassadeur d’Algérie au Cameroun, Merzak Bedjaoui, qu’accompagnaient les amoureux du 7eart. Un film de 90 minutes produit dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie dont le scénario, écrit par Yacine Ben El Hadj,  relate l’histoire d’un village du sud algérien perdu dans le désert, encerclé par l’armée française en 1960. Ceci parce que cette armée les suspecte d’abriter les moudjahidines ayant décimé un commando français. Ainsi assiégées, les populations vont manquer d’eau et subir les affres de la soif malgré la présence d’un puits. Un puits asséché par les cadavres qu’on y a jetés. Face à cette situation, il se pose pour eux le dilemme de choisir leur mort.

Pour ce film primé quatre fois au dernier festival international du film d’Alexandrie en Egypte, le public n’a pas loupé l’occasion de revisiter les archives de ce pays. « Nous avons eu droit à un excellent film. Il nous a permis de vivre un bout de l’histoire de l’Algérie et de ses relations avec la France », a confié le ministre Grégoire Owona en sa qualité de cinéphile. Et l’ambassadeur d’Algérie a profité de cette occasion pour condamner les actes terroristes perpétrés en France vendredi dernier. « Je condamne fermement ce qui s’est passé en France. C’est dramatique, barbare et je ne trouve pas les mots parce que l’Algérie est passée par là. Nous savons ce que c’est que le terrorisme. Ces gens-là n’ont pas de religion. L’Algérie a toujours condamné ces actes terroristes et continuera de le faire », a assuré le diplomate à la fin de la projection.

Concernant le choix de cette diffusion, Patricia Moune Mbede, déléguée générale de ce festival, explique  que « c’est une coïncidence, rien n’a été prémédité. » Et d’ajouter que : « Quand on fait une programmation, c’est délicat et un vrai casse-tête parce qu’on ne sait pas quoi mettre à l’ouverture et à la clôture. Ce sont des arbitrages pas toujours collégiaux. En général, on les choisit parce qu’on a eu vent de leur succès. C’est un pur  hasard et je pense que la programmation a plu au public ». C’est donc toute satisfaite que Patricia Moune Mbede entend mettre les bouchées doubles pour la 3e édition l’année prochaine. En comptant beaucoup plus cette fois sur la participation camerounaise. « Ce festival est destiné aux jeunes qui veulent se lancer dans le cinéma et pour les cinéphiles, afin qu’ils puissent voir les films qui viennent d’ailleurs », a-t-elle conclu.