Cameroun: Ces sociétés d’Etat qui ont échappé à la privatisation

La SCDP, la Sodecoton, Camtel ou encore la CDC ne s’en portent pas, globalement, si mal. La Société nationale d’électricité du Cameroun (Sonel) devenue Energy of Cameroon (Eneo), après avoir été AES Sonel, Hévécam (Hévéa du Cameroun), Régie nationale des chemins de fer du Cameroun (Regifercam), Chococam, Société nationale des eaux du Cameroun (SNEC), Camtel Mobile, Camship, Camsuco, …

Lla liste des sociétés publiques ou parapubliques ayant fait l’objet d’une privatisation est bien longue. Près d’une trentaine au total. 237online.com Elles étaient précédemment inscrites dans un portefeuille d’entreprises à privatiser arrêté de commun accord entre le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement. Le pays est sous ajustement et il lui est prescrit de se désengager d’un ensemble de secteur en cédant ses parts à des privés, selon un chronogramme que les missions conjointes FMI/Banque mondiale venait vérifier la mise en œuvre. Dans cette vague, quelques entreprises ont échappé à la dénationalisation qui leur ouvrait grandement les bras. Et le gouvernement doit bien se demander s’il ne s’est pas fourvoyé, tant elles affichent une santé globalement bonne. La Société Camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), dirigée par Gaston Essomba Eloundou, figurait bien dans le décret présidentiel de septembre 1999 qui recensait quelques entreprises admises à la privatisation. Pourtant elle est

aujourd’hui une boîte qui en veut. La SCDP a réalisé ces dernières années quelques investissements : quatre réservoirs d’une capacité de 24 000 m3 pour les produits blancs, et deux réservoirs de 4 000 m3 pour la défense contre incendie ont été construits. En outre, entre février et octobre 2014, la société a versé dans les caisses du Trésor public la somme de 83 milliards de FCFA. Son chiffre d’affaires a aussi augmenté de 44% pendant la période allant de 2009 à 2013 soit un cumul de bénéfices nets de 12, 69 milliards de FCFA. La Cameroon Telecommunications (Camtel) est une autre société à capitaux publics à avoir échappé à la vague de privatisation imposée par les créanciers internationaux du Cameroun dès les années 1990. En décembre 2000, Telecel est désigné adjudicataire provisoire pour la reprise de l’opérateur téléphonique public. Mais le processus n’ira pas à son terme. C’est dire que le sort de Camtel était déjà scellé. Pourtant, si les états financiers de la structure au 31 décembre 2013 révélaient un déficit de trésorerie de 4,9 milliards de FCFA, son résultat net affichait un peu plus de 3 milliards de FCFA. Par ailleurs, Camtel a vu ses abonnés atteindre la barre d’environ 412 000 en 2015, contre un peu plus de 248 000 un an plus tôt. La même éclaircie fut observée au niveau du téléphone fixe où le taux de pénétration avait atteint la barre de 2% contre 1,5% en 2014. La seule ombre au tableau c’est le scepticisme affiché par la Banque mondiale sur la capacité de l’opérateur public des télécoms, à rentabiliser la 3G a lui délivrée par le gouvernement. « Camtel se contente d’offres minimum et de mauvaise qualité et n’a pas su exploiter la technologie CDMA (Code division multiple access NLDR) qui est équivalente à la technologie 3G», écrivait l’institution de Bretton Woods, dans son rapport avant de justifier l’attribution de cette technologie par « la dégradation des finances de l’entreprise, d’une licence 3G à Camtel semble exclusivement politique, sachant qu’il ne semble pas avoir des compétences humaines pour mettre en œuvre un réseau de qualité». Concernant la Société de développement du coton (Sodecoton), ses états financiers actuels peuvent faire regretter qu’elle ne fût pas privatisée. La preuve, en octobre dernier, la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun(CNPCC) réclamait à l’entreprise six mois d’arriérés de payement dû à l’engorgement du port de Douala. Pourtant un an avant, la Sodecoton avait haussé son capital social à hauteur de 19,087 milliards de FCFA, passant de 4,52 milliards de FCFA à 23,64 milliards de FCFA. 237online.com Entretemps, le top management a changé, avec le départ de l’ancien directeur général Iya Mohammed, incarcéré. Les difficultés de cette boîte relèvent donc d’un problème de gouvernance managériale. La Cameroon development corporation (CDC) avait aussi été ciblée pour une opération de privatisation digne d’une chirurgie. L’entreprise devait être vendue filière après filière. Cameroon tea estate, la filière thé, avait été rachetée par Ahmadou Danpullo. Ce sera le seul rachat. Les filières huile de palme et caoutchouc resteront propriétés de l’Etat et la CDC est depuis lors une entreprise dont les chiffres incitent à l’optimisme. Camair, société publique de transport aérien, est un cas à part. Sa privatisation, longtemps annoncée et plusieurs fois avortée, est morte avec l’entreprise publique qui a fini par être liquidée. Camair-Co est née sur les cendres de ce qui fut un mastodonte. Mais l’héritière n’en mène pas large. Il est de nouveau question de la privatiser.