Cameroun: Célestine Ketcha Courtès, maire de Bangangté, salue la sagesse du chef de l’État

La présidente du Réseau des femmes élues locales d’Afrique, section du Cameroun (Refela-Cam) réagit à chaud, suite au décret du président de la République portant fixation des salaires de base, primes et indemnités des élues locales, hier mercredi.

Après ce décret fixant les salaires de base des élus locaux et des indemnités y afférentes, quelle est votre état d’esprit en tant que maire en exercice ?
Nous avons reçu des appels des Femmes maires qui n’en revenaient pas, celles qui parlent anglais s’exclamaient my lord mayor is it true ? Pour chuter en disant le président de la République est formidable. C’est dire que Les maires et plus largement les exécutifs municipaux qui ont quelque obligation de résidence ou pour le moins qui sont tenus à être le plus souvent possible au contact des populations avaient quelques indemnités. Ces indemnités, au regard des maigres montants, les maintenaient dans un pseudo statut de bénévole. Nous avons, à de nombreuses reprises, demandé que de vrais émoluments soient versés aux élus locaux ces Hommes de terrains, ces Médecins des populations. Aujourd’hui, grâce au chef de l’État Paul Biya, c’est chose faite.

Et je ne peux qu’être comme tous les chefs d’exécutifs communaux et même conseillers municipaux. Heureuse et sans attendre marquer notre reconnaissance à S.E M. le président de la République qui par ce décret nous fait comprendre qu’il nous a entendus. Merci beaucoup !

Les maires titulaires bénéficient de 250 000 Fcfa et les adjoints 150 000 Fcfa. Croyez-vous suffisantes ces rémunérations par rapport aux autres fonctions électives (Députés et autres Sénateurs) et par rapport à celles des pays africains tels que le Gabon, le Sénégal ou la Guinée Équatoriale ?
C’est vrai vous avez raisons de l’évoquer que les élus locaux avaient en référence les salaires ou indemnités des députés. Nous avons fait un grand pas en avant, c’est un début, viendra peut-être le temps où ces salaires et indemnités seront proportionnels à l’énorme travail attendu des élus locaux, dans le contexte de Décentralisation.  Ce que l’on doit souhaiter est que ces salaires permettent à d’honnêtes citoyens de faire acte de candidature pour animer nos communautés et servir les populations à court et à long termes. Si le salaire d’un député peut être un point de repère, honnêtement le salaire d’un cadre, d’un directeur d’établissement hospitalier ou scolaire peut aussi être pris comme point de comparaison. Pour être concrètecomme j’aime bien, imaginez un adjoint qui avait 32.750 Fcfa d’indemnités par mois (pour une commune avec un Compte administratif de 500.000.000 Fcfa)  et se retrouve grâce au décret du chef de l’État à 150.000 Fcfa hors autres indemnités, c’est chouette, disons-le.
Pour ce qui est des pays frères, ce serait inopportun de faire des comparaisons, surtout qu’il ne faut pas s’arrêter aux salaires. Regardez les indemnités, car un maire en mission avec son secrétaire général avait droit à 4000 Fcfa de frais de mission alors que son collaborateur bénéficiait 25.000Fcfa. Donc, une fois de plus, nous  saluons cette sagesse du chef de l’État dans ce contexte où l’État a besoin de ressources pour préserver l’intégrité du Pays, c’est l’occasion de remercier S.E Emmanuel René Sadi qui a su passer le message de patience aux élus locaux, la mobilisation des Cvuc (Communes et villes unies du Cameroun, Ndlr) et tous les maires qui se sont impliqués dans ce plaidoyer. Un très grand merci une fois encore à notre président S.E Paul Biya, chef de l’État.

Ne croyez-vous pas que ces avantages viendront dorénavant amplifier des guéguerres au sein des Conseils municipaux ?
Vous avez noté que les conseillers eux aussi sont concernés et vont avoir des indemnités beaucoup plus conséquentes. Voilà une remarquable incitation pour que les conseillers, qui sont pour l’exécutif de puissants relais vers les populations soient des vecteurs pour un management encore plus participatif. Si ces guéguerres induisent plus de  dynamique et de participation, ce seront de saines rivalités.

Avant ce décret, nous supposons que la maire de Bangangté bénéficiait d’une rémunération très dérisoire comme tous les autres. Mais, comment réussissait-elle à se déployer sur le terrain et à mener ses nombreuses activités ?
Le mandat dernier, il faut le dire, mes indemnités ne permettaient pas de faire le plein de mon Prado. Avec l’augmentation du Compte administratif en 2014, ces indemnités ont un peu augmenté, mais étaient encore insuffisantes ! J’ai fort heureusement une activité privée, ainsi que des ressources familiales qui permettent de mener de nombreuses activités qui induisent entre autres des déplacements et faire preuve d’un peu de générosité. Notons que les billets d’avion et souvent l’hébergement pour des participations à des séminaires comme ceux de l’Onu (Organisation des Nations unies, Ndlr) ou de l’Aimf (Association internationale des maires francophones, Ndlr) sont pris en charges par ces institutions et le Minatd (ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Ndlr) à travers le Feicom (Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale, Ndlr). Il faut aussi noter l’important appui des élites intérieures. Par ailleurs, la diaspora nous appui énormément.

Avec ces nouveaux avantages, ne pensez-vous pas que vos administrés seront encore plus exigeants envers vous (en termes d’initiatives et de rendements) ?
Tant mieux ! L’électeur est juge. Il a le droit et le devoir d’être exigeant, et respecté chaque jour du mandat et pas seulement la veille de l’élection.

Et si la maire avait une dernière préoccupation allant dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des élus locaux ?
Prenons d’abord ce magnifique cadeau qui nous est donné par le chef de l’État.