Cameroun – Carte d’étudiant: Une manifestation pour exiger sa gratuité a avorté à l’Université de Yaoundé I

Les membres de l’Association pour la Défense des Droits des Etudiants du Cameroun (ADDEC) ont dû interrompre la marche pacifique qu’ils préparaient, à la suite d’un communiqué du recteur.

A l’Université de Yaoundé I, il fallait débourser la somme de deux mille (2 000) F CFA pour se faire établir une carte d’étudiant. Ce coût n’inclus aucunement la photo de l’étudiant. La situation a créé un malaise au sein de la communauté estudiantine de l’Université de Yaoundé I. Heureusement, une note du recteur, Maurice Aurélien Sosso, vient remettre les choses dans l’ordre: «conformément au décret N 93/033 du 19 janvier 1993 du Président de la République, les droits universitaires perçus à l’université de Yaoundé I sont et demeurent de 50.000 F.Cfa».
La note du recteur, affichée sur les différents babillards qui jonchent les recoins du campus de Ngoa-Ekelle, arrivent au moment où les membres de l’ADDEC s’activaient pour conduire au sein du campus une «marche silencieuse et pacifique contre la vente des cartes d’étudiants à l’université de Yaoundé I». Rencontré le mercredi 18 novembre 2015, jour prévue pour la manifestation, André Bayemi, le secrétaire national à la communication de l’ADDEC, a indiqué au reporter du quotidien Le Jour que le mot du recteur de l’Université de Yaoundé I est en quelque sorte un début de dialogue.
«Nous ne voulons pas de conflit avec les autorités universitaires. Tout ce que nous demandons c’est que les droits des étudiants soient appliqués. Maintenant que nous avons lu ce communiqué du recteur, nous allons nous réorganiser (…) nous voulons que l’établissement de la carte d’étudiant soit gratuit. Les étudiants sont très pauvres, il ne faut pas qu’on les arnaque en leur exigeant 2000F cfa», a par la suite indiqué André Bayemi, tel que l’on peut lire dans les colonnes du journal dans son édition n°2064 en kiosque jeudi 19 novembre 2015.
La «vente des cartes d’étudiant» à laquelle s’oppose l’ADDEC lui a valu l’arrestation de son président. En effet, en date du 16 novembre 2015, alors que cette association d’étudiant préparait la marche silencieuse qui aurait lieu deux jours plus tard, son président, Thierry Batoum, a été interpellé et séjourne depuis dans l’une des cellules du commissariat du 5ème arrondissement de Yaoundé. Difficile pour le moment de s’avoir s’il y est encore, s’il a été relâché ou s’il a été déféré au parquet après son interrogatoire.