Cameroun: Camair-Co de nouveau en zone de turbulences

Le programme des vols nationaux et internationaux est perturbé depuis une semaine. Chez le transporteur public, c’est le silence radio.

De la colère. Voilà le sentiment qui animait mercredi dernier, les passagers de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), suite à l’annulation de leurs vols en partance pour Maroua, Garoua, Paris en France et Cotonou au Bénin. Ayant pris d’assaut l’Airport tickecting office (ATO) de Camair-Co à l’aéroport international de Douala très tôt le matin, plusieurs dizaines de passagers, qui étaient là la veille, exigeaient de voyager ou d’être remboursés. C’est ce qu’ont indiqué plusieurs passagers rencontrés le 02 septembre dernier à l’entrée de l’aéroport international de Douala. Mais, le reporter de LQE, qui a pu entrer dans l’enceinte de cette structure, n’a pas été autorisé à s’approcher du lieu envahis par les clients en colère de Camair-Co. Pourquoi ? « Eh bien, parce qu’il s’agit d’une affaire dans laquelle est impliqué l’Etat, et il vous faut l’autorisation du DG de Camair-Co », indique un homme en tenue, l’orientant plutôt vers

le bureau d’un responsable des ADC. Là aussi, rien d’important à tirer.
Cependant, à travers une vidéo postée par un client, mardi 1er septembre 2015, sur les réseaux sociaux (Facebook, en l’occurrence) l’on constate que les doléances des voyageurs sont nombreuses. Ils exigent par exemple, leur embarcation immédiate, après leurs vrais-faux départs. « Personne ne nous donne l’information que nous cherchons, alors que les responsables de Camair-Co ont déjà encaissé nos sous. Je devais renouveler mon contrat de travail ce jour avec mon employeur à Paris, je suis toujours au Cameroun.
Nous sommes traités dans notre pays comme des voyous. Je suis restée à l’aéroport jusqu’à 4h du matin avec mon bébé, âgé de six mois », déclare un chef d’entreprise. Et Daniel Akono, un autre voyageur mécontent de poursuivre : « C’est depuis vendredi soir que j’étais censé prendre mon vol depuis Nsimalen, pour Paris. Je suis allé à l’aéroport, j’ai constaté que tous les passagers des autres compagnies embarquaient normalement. Le temps passait et les passagers de Camair-co étaient toujours là ; personne ne leur disait absolument rien. Nous avons attendu plus de dix heures de temps avant de nous rendre compte qu’il n’y avait aucun vol. Quatre jours après, je suis encore bloqué au Cameroun. Pire encore, je ne sais pas quand je partirai. » Si à la direction générale de CamairCo à Douala c’est le silence radio, l’agence de Yaoundé n’en mène pas large. Hier 3 septembre, les grilles étaient baissées  et les portes fermées. L’insalubrité qui règne à l’entrée témoigne que pas grand monde n’a franchi le seuil de l’agence depuis quelques jours. Les clients et autres usagers ne sachant à qui s’adresser, ne peuvent que contempler les grilles à travers lesquelles on peut pourtant lire, collé sur une porte vitrée, un écriteau qui informe sur les horaires d’ouverture de l’Agence.
«L’agence est ouverte de lundi à vendredi entre 8 et 17 heures et le samedi entre 9 et 12heures », indique l’affiche. Mercredi dernier, en lieu et place des agents de la compagnie qu’on se serait attendu à trouver sur place, une équipe de policiers conduite par un commissaire principal, expressément dépêchée pour sécuriser les locaux s’attelait à vouloir expliquer à ceux qui voulaient l’entendre que les services sont momentanément suspendus.
Mais pour quelle durée ? Personne ne saurait au stade actuel, donner une réponse objective à cette question. Le mouvement de contestation que traverse actuellement la compagnie nationale aérienne surprend au regard des dernières nouvelles plutôt positives qui venaient du transporteur public. Surtout que dans un communiqué publié sur leur site officiel le 29 mai dernier, le DG de Camair Co, Jean Paul Nana Sandjo rassurait sa clientèle quant à un possible report des vols.
«… depuis son retour de maintenance d’Addis-Abeba le lundi 25 Mai 2015, le « Dja », qui assure la desserte de Paris-CDG, a effectué tous ses vols, et qu’il dispose de toutes les certifications et autorisations requises, délivrées et validées par l’Autorité aéronautique camerounaise, conformément à la règlementation de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) », avait-il écrit. Mais rien ne s’est ensuite passé comme prévu.