Cameroun : Beti Assomo s’explique sur le sort des 32 militaires en détention

Lors de la discussion générale du projet de loi portant Code militaire, le député Bapooh Lipot a interpellé le ministre de la Défense. Le 28 juin dernier à l’hémicycle de Ngoa-Ekelle, le ministre de la Défense (Mindef), Joseph Beti Assomo, s’est expliqué sur la situation des 32 militaires mis en détention préventive à la prison militaire de Yaoundé après la mutinerie de Zigué dans le Logone et Chari, région de l’Extrême-Nord.

Il a été interpellé sur ce sujet par le député Robert Bapooh Lipot. Les 32 mutins, dont deux caporaux et des soldats de deuxième classe avaient interrompu la circulation routière sur un axe de cette localité. Ils réclamaient le payement de leur prime de militaires internationaux en leur qualité d’éléments de la Force multinationale mixte contre Boko Haram. Le Mindef a qualifié leur geste de « faute lourde ». Il a par ailleurs indiqué que ces soldats seront sanctionnés pour servir de leçon aux autres. Pour le reste, le projet de loi portant code militaire a été voté par la représentation nationale. Défendu par le Mindef, assisté du ministre de la Justice (Minjustice), Laurent Esso, ce projet de loi remédie aux insuffisances en se fondant sur le nouveau code de procédure pénale et le code pénal revu.

 

« Je m’interdit de répondre à ces questions. Je ne vais pas le dire au commandement militaire »

Bien que ses évolutions portent entre autres sur l’application désormais, de la procédure de flagrant délit, l’actualisation des incriminations. En effet, lors de la séance réservée à la discussion générale le Mindef a jugé certaines questions d’inappropriées. En l’occurrence, celles du député Joseph Fotibu du groupe parlementaire du Social Democratic Front (SDF). L’élu du peuple a mis le Mindef à l’index en indiquant que le ministère de la Défense n’est pas bilingue et le quota des anglophones admis aux concours de l’armée est insignifiant. Par la suite le député SDF ira plus loin en demandant au Mindef de dire si le gouvernement paye les rançons pour libérer les otages. De même, il a aussi voulu savoir pourquoi les hauts gradés de l’armée ne veulent pas que la guerre contre le terrorisme finisse parce qu’ils y tirent beaucoup d’intérêts. À ces préoccupations, le Mindef va trancher : « Je m’interdit de répondre à ces questions. Je ne vais pas le dire au commandement militaire », a-t-il expliqué.