Cameroun – Banque: Quand les agios bancaires sèment la discorde chez les clients

Que ce soient les frais sur découvert, intérêt sur crédit, etc, les prélèvements effectués sur les opérations bancaires sèment parfois la confusion dans l’esprit des clients.

Alain T., cadre dans une entreprise de Douala parcourait d’un regard hagard son bulletin de paie le mois dernier à la sortie de sa banque, non sans s’étonner des prélèvements qui y avaient été faits. « Quelle est cette histoire ? On me prélève 9000 FCFA pour les agios ? », S’était-il interrogé, sans être satisfait, dit-il, des explications de son gestionnaire de compte. De son côté, Angèle M., fonctionnaire, constatait au moment où elle venait effectuer un retrait d’argent dans son compte, que la somme laissée deux semaines avant, avait été réduite de 5000 FCFA. Après s’être renseignée auprès de son gestionnaire de compte, ce dernier lui fera savoir qu’il s’agissait des frais sur découvert.

Ces cas sont loin d’être marginaux. En effet, les plaintes des clients relatives prélèvements injustes ou non effectués lors des opérations bancaires sont devenues monnaie courante au Cameroun. Pour Silvère M., cadre d’administration, ces pratiques relèvent de la duperie. « Les banques, en l’occurrence celle à laquelle j’appartiens, profitent de la naïveté de certains clients pour effectuer des retraits dans leurs comptes et même au cours des différentes opérations bancaires », souligne-t-il, courroucé. Et pourtant, poursuit-il, «une circulaire interdisant le prélèvement des agios, avait été signée près de sept ans déjà parle ministre des Finances d’alors, Essimi Menye, mais la pratique perdure ».

Fabrice P., homme d’affaires, note par ailleurs que les taux prélevés varient selon les banques. « J’ai des comptes ouverts dans au moins trois banques. Et il m’a été donné de constater que les montants prélevés sont à géométrie variable. Ici on prélèvera 8500 FCFA et ailleurs 5000 FCFA. On dirait que c’est une mafia organisée ». Cependant, Pierre Numkam., auditeur bancaire, explique que les agios ne doivent pas être réduits à un frais précis, car ils constituent « l’ensemble des frais divers, commissions diverses et intérêts que la banque prélève sur les opérations des clients. Parmi ces agios, il y en a qui sont prélevés le mois et d’autres à l’opération. Tout dépend de l’arrangement contractuellement arrêté ».

Il poursuit en soulignant qu’il « est important pour les clients de prendre la peine de lire les conditions de banque qui sont affichées dans les mûrs des banques et autres établissements de microfinance. Cela évitera des plaintes recensées ici et là». Quant à ce qui concerne la variabilité des montants prélevés, Pierre Numkam, précise que « C’est tout à fait normal que ces montants varient parce que les différents frais prélevés ne sont pas les mêmes dans toutes les banques ». Etant donné, précise-t-il que « l’autorité monétaire donne la latitude à ces structures de fonctionner de cette manière ».