Cameroun – Autoroute Yaoundé-Nsimalen: Le préfet de la Mefou et Afamba sur des braises ardentes

Les populations du village Ngolozock réclament leur argent dont l’autorité administrative est accusée d’avoir fait main basse.

Quand la route passe le développement suit, a-t-on l’habitude de dire. Mais, ce développement ne doit pas créer des misères au sein des populations. C’est ce qui risque de se passer avec les riverains de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen dans le département de la Mefou-et-Afamba, village Ngolozock. Ces populations avaient d’abord été expropriées de Nsimalen où l’aéroport international avait été construit. Elles avaient été recasées dans le village Ngolozock, non loin de cet aéroport. Plusieurs années après, le chef de l’Etat décide de donner une autoroute  aux populations camerounaises.
L’autoroute rendra à coup sûr la circulation fluide sur cet axe central Yaoundé centre-ville à l’aéroport international, la porte d’entrée et de sortie par voie aérienne de la capitale camerounaise. L’un des projets structurants engagés ces dernières années au Cameroun. Ce projet en cours de réalisation occupe un site de 16 hectares. Un site qui avait été occupé par ces populations. Ce site est déjà viabilisé et aménagé. C’est alors que les habitants du village Ngolozock apprennent que le site de 100 hectares à Nsimalen doit être récupéré. Donc, les populations seront expropriées. Cette rumeur a fait grand bruit au sein des populations de Ngolozock.

C’est un village qui possède une chefferie de 3ème degré. Les habitants qui se sont constitués en collectif via leur porte-parole, pierre Germain Belinga, ont déclaré à votre journal qu’elles ont signé une pétition dont copie a été déposée dans les services du préfet du département de la Mefou-et-Afamba contre décharge. Parce que, les 100 hectares pris par l’Etat seront simplement arrachés à 300 fcfa le mètre carré, alors que les expropriés du quartier Messamendongo pour le même projet seront indemnisés à 10 000f CFA le mètre carré. Quelle injustice ? Les populations exigent également l’arrêté ministériel leur signifiant leur expropriation. Bien que le préfet de la Mefou-et-Afamba Mbemi Nyaknga leur a fait savoir qu’il était en possession de l’arrêté en question signé entre 2013 et 2014 par le ministre de l’Habitat et du Développement urbain et que les travaux de recensement des personnes et des biens a commencé.
Le préfet a ensuite dit que le décret d’expropriation a déjà été signé par qui de droit. Le porte-parole pierre Germain Belinga, chercheur-enseignant à l’Université catholique d’Afrique centrale a révélé à votre journal que la mesure d’expropriation sur le site de 100 hectares à Ngolozock dans la chefferie de 3ème degré Nsimalen route départementale de la Mefou-et-Afamba date de 2013. C’est depuis cette année que la rumeur court sur une éventuelle expropriation. C’est la frontière naturelle entre la Mefou-et-Afamba et la Mefou-et-Akono. La procédure légale qui entoure cette expropriation n’existe pas, nous a laissé entendre le porte-parole. Le 14 novembre 2013, ils ont demandé au ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières la procédure légale de plus de 50 familles à exproprier. Le préfet Mbemi Nyaknga avait reçu le porte-parole Pierre Germain Belinga et lui avait dit qu’il n’était pas en possession de la lettre de la procédure légale d’expropriation.
En date du 06 mars 2015, ils, reçoivent un émissaire du cabinet EMA consulting commandité par la Maetur pour une étude d’impact environnemental. Elle n’avait pas de lettre de mission, ni l’arrêté ministériel. C’est alors qu’il avait été demandé de rebrousser chemin et d’aller chercher ces documents. Elle était repartie pour ne plus jamais revenir. Le 16 juillet 2015, le préfet arrive à Ngolozock, lors d’une rencontre avec les populations avait dit venir régler les problèmes. Malheureusement, il n’avait réglé aucun problème. D’après le porte-parole, Pierre Germain Belinga, les revendications des populations sont légitimes et les suivantes : elles veulent voir l’arrêté et la mesure légale. L’arrêté déclarant le site de Ngolozock d’utilité publique et que le gouvernement tienne compte de l’impact environnemental et social que le projet de développement va occasionner.
Un peu plus de 70 personnes ont signé la pétition que le préfet a reçue et en réaction à cette pétition, il a envoyé une commission sur le terrain qui a remis au porte-parole des expropriés l’arrêté ministériel signé en date du 16 juillet 2015. Quel jeu joue le préfet dans cette affaire, pourquoi se contredit-il ? On pourrait être tenté de dire qu’il s’en mêle les pédales. Soit ce document a été antidaté, soit il est caduc. Alors, que justice soit faite afin qu’il n’y ait pas de grincement de dents.