Cameroun: Amnesty International dans le nouveau monde

A mesure que s’estompe l’orage d’une légitime indignation humaine, suite à un jugement senti et vécu comme injuste par l’immense majorité des camerounais, se fait jour l’autre question, plus républicaine, celle de savoir s’il faut amnistier Amnesty International(AI) ? La dessus, l’opinion éclate à nouveau, entre ceux qui crient, trop c’est trop, « crucifiez-les », parce que leur dernier péché, véniel à souhait, ne mérite plus aucune souplesse.

De l’autre, l’on a ceux là qui se fondent sur les exceptionnelles dispositions de grâce de cette année de la miséricorde pour répondre en écho aux premiers, «pardonnez leurs, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». De là cette principale conclusion : dans le Bazard de la vie, il y a des hasards, tellement bizarres qu’ils creusent de si profondes lézardes que ce blizzard devient une véritable agression vitale. C’est ce que ressentent les camerounais depuis quelques jours… Heureusement qu’avec son génie de la pondération, le porte parole du gouvernement a ouvert une voie d’apaisement lorsqu’il soutient de sa voix haute que «AI a dit ses vérités ; ils sont dans leur rôle ; ils le font avec tous les gouvernements ; ils n’ont pas de parti pris. » Trop peu néanmoins pour éteindre tout le feu du soupçon, devant des avis manifestement tournés vers la

volonté d’en rajouter à la constance d’une image pays régulièrement trainée dans la boue par l’imaginaire disgracieux du même organisme. Jusque là, cela passait et se passait à peu près bien, tant qu’il n’était question que d’animer le débat politique national. 237online.com Aujourd’hui, les choses sont au plus mal, parce qu’il s’agit de nier le Cameroun, dans son droit de survie, dans son devoir de tout mobiliser à cette fin. Finalement, et même si comparaison n’est pas raison, la guerre que le Cameroun mène contre Boko Haram n’est pas si étrange que ça. L’on sait par exemple que les réserves fauniques sont construites pour préserver les espèces rares, au nom de leur juste droit à la vie. Mais, si une nuit, par hasard, des loups et chacals viennent à franchir le mur pour aller surprendre les habitants dans leur sommeil, le droit qui s’applique ici est celui de la primauté de l’Homme sur toutes les autres espèces animales, y compris les anthropoïdes… Conséquence, à tous les coups, les fauves seront abattus, au nom des droits de l’homme, dont le premier est celui de vivre. Dans le cas des pays de la Cemac, aux prises avec la nébuleuse Boko Haram, il y a donc lieu de ne pas se tromper d’arène. Le combat n’est pas d’homme à homme au nom d’un hypothétique droit de l’humanité. Ce qui se joue dans l’affaire Boko Haram, c’est le combat de la vie contre sa totale négation. Car faut bien se le dire, même dans les cimetières, il ya la vie ; celle des tombes et leurs reliques, celle des rats, des herbes et des autres micro-organismes qui peuplent ces univers de vie intégrale. Néophytes, s’abstenir !!!

LE COMBAT DE L’HEURE …
Ainsi, lorsque la folie extrémiste marche sur la chair humaine à NICE, projetant de puissants jets chauds du liquide vital des plaisanciers sur les joues cramoisies d’horreur des témoins, les arabesques tracées au sang des innocents par AI n’y rien peuvent changer. La vérité est plutôt là, implacable ; en fait, la raison extrémiste n’est pas la raison humaine ; le droit extrémiste n’est pas le droit ordinaire. Il ya donc tout lieu de sortir de la dénonciation contemplative pour passer à l’action corrective. Il est devenu urgent d’en finir avec cette autre folie meurtrière qui consiste à mettre sur le même palier du jugement l’Etre et le Néant. Au demeurant, il est devenu urgent d’en finir avec cette exubérance des vainqueurs, qui se sentent le droit sur tout et imposent leur raison à tout. Autant donc le dire, le travail d’élaboration d’une civilisation de paix par AI n’est pas fin ; Et si, par extraordinaire, l’extrémisme religieux devait aujourd’hui rejoindre le panthéon des autres valeurs humanistes et humanisantes du monde contemporain, c’est le moment d’en modéliser ses valeurs, contre valeurs et limites, avant de les opposer au reste de l’humanité consentent. Sinon, il faudrait simplement sur le métier remettre l’ouvrage, et admettre que l’humanité est infinie, dont il faut continuer de prospecter les formes et les expressions diverses, si l’on veut écrire un code de socialisation à la hauteur de toute l’humanité. Se contenter de condamner un pays pour avoir opposer son droit de vie au néant de la mort devient alors simple aveu d’incapacité ou de complicité …
Rendu à ce niveau, et même si on en a aucun mandat, on peut quand même se risquer à voter pour l’amnistie de AI, avec une contrepartie toutefois. Il s’agit pour le respectable organisme onusien de proposer à la communauté des vivants, un nouveau code de paix civile qui prenne en compte la complexité des humanités ainsi que la diversité des droits qui en découle. Et si l’on voulait absolument y voir un signal du destin, il est là dans les événements d’actualité. C’est pourquoi la polémique née à Yaoundé à trouvé réponse massive, en guise d’avertissement, dans les torrents rouges teintés de lambeaux de chairs de Nice ; autre façon de soutenir avec force qu’il faut en finir avec l’ethnocentrisme occidental et ouvrir l’humanité à sa richesse, à ses richesses, seule voie pour canaliser la ferveur extrémiste, en frayant un chemin aux valeurs venues d’ailleurs… Non ! vous faites erreur, je ne pense pas à la polygamie, ni à rien de semblable, mais quand même !!! Biwog biwog, bingum bingum !