Cameroun – alcoolisme: Pas un pas sans bar

Les statistiques du Syndicat des exploitants des débits de boissons annoncent plus de 6.000 bars dans la seule ville de Yaoundé.

La Société anonyme des brasseries (Sabc) a d’ailleurs confirmé cette hypothèse, en déclarant plus de 600 millions de litres de bière vendus en 2012. Un beau record planétaire. Une activité qui se développe dans une anarchie institutionnalisée, l’ouverture d’un débit de boisson étant règlementée par le décret présidentiel n°90/1483 du 9 novembre 1990. Les conditions et modalités d’exploitation des débits de boisson concernent l’emplacement, la délimitation entre les établissements de vente, les heures d’ouverture et de fermeture, l’éloignement avec les maisons de culte, les écoles et hôpitaux, entre autres.
La section IV, article 13 de ce décret, précise : «Les heures d’ouverture et de fermeture des débits de boissons sont fixées de 6 heures à 21 heures pour les ventes à emporter, de 6 heures à 00 heures pour les ventes à consommer sur place.» De nombreux bars restent pourtant ouverts au-delà de ces horaires. Le même texte, dans son article 14, stipule : «Aucun débit de boisson ne peut être ouvert ou transféré à moins de 200 mètres à vol d’oiseau, d’un hospice, d’un hôpital, d’un dispensaire, d’un établissement d’enseignement, ou d’un édifice consacré au culte.». En outre, «deux fonds de commerce exploitant le même produit doivent être distants l’un de l’autre d’au moins 50 mètres.» Ce qui contraste avec la réalité, certains débits de boisson étant parfois collés les uns aux autres.

En dépit des menaces brandies à l’article 20 en cas de violation des dispositions du décret du chef de l’Etat Paul Biya, à savoir une batterie de sanctions pouvant aller jusqu’au retrait définitif de la licence d’exploitation ou encore l’amende financière, la pose des scellés ou la mise en vente aux enchères des boissons saisies, les bars sortent de terre comme des champignons. La règlementation est bafouée sur fond de corruption, de laxisme des autorités administratives de «la tolérance administrative».