Cameroun – Affaire Capitaine Bouba Simala: Des témoins relatent le plan secret de l’enlèvement de Cavaye Yéguié Djibril le Président de l’Assemblée Nationale

À en croire les témoins de l’accusation entendus au Tribunal Militaire de Yaoundé le 14 juillet dernier, la Direction de la Sécurité Présidentielle serait impliquée.

Le 14 juillet dernier au Tribunal Militaire de Yaoundé, les débats dans l’affaire Ministère public et Cavaye Yéguié Djibril contre le Capitaine Bouba Simala se sont ouverts. Il s’agit de l’affaire relative à la tentative d’enlèvement de Cavaye Yéguié Djibril, le Président de l’Assemblée Nationale (PAN) et son ancien chef de la sécurité  détenu depuis août 2015 à la prison militaire de Yaoundé. Le quotidien Le Jour édition du 15 juillet 2016 rapporte que d’après les témoins de l’accusation présents hier au Tribunal, «la direction de la sécurité présidentielle serait impliquée».

Des deux témoins entendus, l’inspecteur de police Ekobo a été le premier à comparaître. «Ce samedi 13 juin 2015, nous étions en train de nous préparer pour conduire le Président de l’Assemblée Nationale pour faire sa séance de sport. Lorsque le Capitaine Bouba Simala est arrivé, il a demandé à Abena qui était le chauffeur du PAN s’il avait changé la plaque d’immatriculation du Véhicule. Il demande ensuite avec un ton autoritaire qu’on appelle l’Adjudant Hamidou. Il a ensuite dit qu’il a déjà appelé le Général Ivo pour que celui-ci lui fournisse les éléments pour procéder à l’enlèvement du PAN. Le Capitaine ajoute que, pendant l’enlèvement, les éléments de sécurité doivent rester tranquilles et qu’il sera le seul responsable», a-t-il déclaré.

Le journal indique que l’Inspecteur de police Maneyong, l’autre témoin auditionné, a fait presque les mêmes déclarations que le premier ci-dessus cité. Par ailleurs il a fait savoir que le 13 juin 2015 «le Capitaine Bouba Simala nous a demandé de ne pas ouvrir le feu sur les éléments de la DSP qui allaient procéder à l’enlèvement du PAN».

Toutefois il faut noter que la présidente du Tribunal n’a pas pu obtenir desdits témoins des réponses à certaines de ses questions. «Qui a dit au PAN qu’on voulait l’enlever ?», a-t-elle demandé. «Je ne sais pas», a répondu l’inspecteur de police. «Quel type de plaque d’immatriculation avait le véhicule du PAN pendant qu’il se rendait au sport ?», a-t-elle ajouté. «Je ne sais pas», a une fois de plus répondu l’inspecteur.

Pour rappel de mémoire le Capitaine Bouba Simala est accusé de menaces simples, outrages à corps constitués et violation de consignes par le PAN.