Cameroun – Administration territoriale: les défis qui attendent les nouveaux gouverneurs de régions

De nombreux dossiers lourds sur la table des patrons de région mutés et surtout des 3 administrateurs civils qui intègrent ce niveau de commandement.

Au journal parlé de 17 heures au poste national de la Cameroon Radio And Television (Crtv), vendredi dernier, le président de la République Paul Biya a procédé à de nombreux réajustements au sein de la préfectorale. Quatre régions ont été touchées par ce mouvement, notamment, le Sud, l’Adamaoua, l’Est et le Littoral. Si le fait majeur dans le décret présidentiel du 23 octobre reste la fin de la vacance née de la nomination récente de Joseph Beti Assomo à la tête du ministère de la Défense, dans l’ensemble, l’on assiste dans un premier temps à la mutation de Samuel Dieudonné Ivaha Diboua qui quitte la région de l’Est pour déposer ses valises à Douala dans le Littoral. Cet originaire du département de l’Océan revient dans un département où il a été sous-préfet il y a 20 ans, notamment dans l’arrondissement de Douala 4e. Né en 1962 à Ngaoundéré, le nouveau gouverneur du Littoral hérite d’une région où des tensions sont présentes en permanence. Il n’aura pas un seul moment de répit. Dès sa prise de fonction, il devra s’attaquer aux nombreux et épineux problèmes que connait son nouveau territoire de commandement. Et plus particulièrement, ceux de la ville de Douala, considérée comme la ville la plus rebelle du Cameroun depuis la colonisation : lutte contre l’insécurité grandissante, le désordre urbain, etc.

Le décret présidentiel de vendredi dernier consacre également des promotions au sein de la préfectorale. Ainsi, Félix  Nguele Nguele, précédemment préfet du département de la Mezam et ancien secrétaire général dans les régions du Littoral et du Centre, est promu gouverneur en remplacement de Jules Marcellin Ndjaga, admis à faire valoir ses droits à la retraite.

A l’Est, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua cède la place à Grégoire Mvogo, directeur de l’organisation du territoire au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Un poste qu’il avait rejoint après 22 ans de carrière comme sous-préfet, secrétaire général et préfet. Il a été préfet notamment dans le Nyong et Mfoumou et le Mbam et Inoubou. Grégoire Mvogo doit faire face aux défis sécuritaire et sanitaire depuis cette région subit l’assaut des assaillants et l’afflux massif des ressortissants de la République Centrafricaine. On pense également au suivi du projet de construction du barrage de Lom Pangar qui devra résorber le déficit énergétique dans la région de l’est et augmenté la capacité des barrages hydroélectrique existants.
Autre promotion dans la préfectorale, Kildadi Taguiéké Boucar, administrateur civil principal précédemment préfet du Mayo Banyo, qui remplace l’ancien patron de la région de l’Adamaoua Abacar Ahamat, également admis à la retraite. On sait qu’avant la préfecture du Mayo Banyo qu’il quitte, Kildadi Taguiéké a été sous-préfet à Yaoundé 2 puis secrétaire général dans la région du Sud. Comme son prédécesseur, le nouveau gouverneur devra s’attaquer aux projets de développement qui engagent la région de l’Adamaoua.
L’équation Boko Haram oblige, on comprend que le chef de l’Etat n’a pas voulu bouger le  gouverneur de la région de l’Extrême-nord, Midjiyawa Bakary qui reste en poste à la tête d’une région où l’actualité reste meublée par les assauts de la secte islamiste Boko Haram. Le phénomène des bombes humaines est désormais la menace identifiée, obligeant les forces engagées dans le combat à ajuster leurs stratégies, tant dans la prévention que dans la répression.