Cameroun – Adamaoua: Une affaire de trafic d’organes humains secoue l’hôpital de Meiganga

Une infirmière et le major de la maternité dudit hôpital sont gardés à vue.

Que se passe-t-il à l’hôpital de district de Meiganga ? C’est la question à laquelle tente de répondre les enquêteurs de la brigade territoriale de la ville. Une infirmière de ce centre hospitalier ainsi que le major du service de la maternité, sont en ce moment en garde à vue dans ladite brigade.

Cette affaire qui fait grand bruit dans le département du Mbéré depuis quelques jours, est relatée dans les colonnes de L’Œil du Sahel du 3 juillet 2017. Le 27 juin dernier, « une jeune femme de 18 ans se rend à l’hôpital de Meiganga pour sa toute première consultation prénatale. L’infirmière Ina, qui la prend en charge, lui déclare que l’enfant est mort dans le ventre et qu’il faut l’extraire. Pour ce faire, il lui fait deux injections après lesquelles les contractions commencent ».

Le fœtus est extrait et la dépouille est remise à la famille. Mais une curieuse découverte sera faite par la suite. « Mais en voulant savoir de quel sexe son bébé était, avant l’inhumation, elle (la mère Ndlr) découvre que le pied gauche de l’enfant manque et croit remarquer qu’il a été sectionné puisque cette partie saignait abondamment », rapporte l’auteur de l’article.

Un proche de la mère indique qu’une fois de retour à l’hôpital, le major de la maternité a fait appel à l’infirmière concernée. « Après l’intervention du major de la maternité, l’infirmière est allée droit dans son placard pour retirer le paquet, un petit carton qui contenait le pied », dit-il en faisant remarquer que plusieurs versions ont été données au sujet du pied de l’enfant. Tantôt qu’il était resté dans l’utérus, tantôt qu’on l’avait jeté à la poubelle.

Aussitôt, les autorités se sont saisies de l’affaire et l’infirmière a été mise aux arrêts. Le pied gauche de l’enfant lui, a été amené à l’hôpital régional de Ngaoundéré pour des examens. Pour le médecin-chef de l’hôpital de Meiganga, il s’agit simplement de diffamation.

« Je crois que le Cameroun excelle maintenant dans la publication d’informations non conformes sur les réseaux sociaux. On a dit que j’ai opéré la femme que je n’ai même jamais et j’ai coupé le pied de l’enfant. C’est tellement grave. Ces gens ont souvent fait ça, mais nous avons négligé. Mais cette fois, moi aussi je vais saisir le tribunal pour diffamation », prévient le Dr Abdoulcarimou Njimoke. S’appuyant sur la version des faits de ses collaborateurs, il affirme plutôt que l’enfant est mort dans le ventre et que le corps avait déja pourri.