Cameroun – Adamaoua :Neuf personnes exécutées par une bande armée

Deux semaines après la prise d’otages, les ravisseurs, qui ont attendu en vain le payement de la rançon, les ont tués.

Les populations de Diir, dans le département du Mbéré pleurent leurs enfants tués par des individus lourdement armés. Ceux-ci ont fait une incursion dans leur village il y a deux semaines, avec à la clé l’enlèvement d’une dizaine de personnes dont quelques éleveurs bororos et paysans gbaya. A leur départ, les preneurs d’otages avaient exigé une grosse somme d’argent aux familles des victimes, en menaçant de les exécuter en cas de non paiement.

Cette nouvelle est parvenue au niveau des autorités locales qui ont appelé en renfort les forces de défense des localités voisines. Notamment un contingent du Bataillon d’intervention rapide (Bir) de Meiganga et un autre du Bataillon d’infanterie motorisé (Brim) de Tibati. Malgré l’offensive menée afin de retrouver les traces de victimes, les otages n’ont jamais été relâchés par la bande armée déterminée à passer à l’étape supérieure, en fixant un délai pour obtenir une rançon. Quelques jours plus tard, sept otages ont été libérés dans le but d’aller informer le village de la détermination des preneurs d’otages. C’est ce mercredi 11 novembre 2015 que la mauvaise nouvelle est tombée dans le village, faisant état de l’exécution des neuf otages par la bande armée.

D’après nos sources, le commandant de brigade de l’arrondissement de Diir, Bouraoussia Tchina, le sous-préfet Dandi Eloi Gandaf et le lamido de cette localité ont simplement envoyé leurs éléments sur les lieux afin de vérifier l’information. Désagréable a été leur surprise, lorsque ceux-ci ont découvert les corps des otages massacrés. Certains corps sont signalés en état de putréfaction dans une forêt située à 38 kilomètres de l’arrondissement de Diir. Visiblement, ces otages ont été égorgés pour certains, pendus pour d’autres. Compte tenu de l’impossibilité de rentrer avec les dépouilles au village, les villageois ont tout simplement enterré les neuf corps dans la forêt. Parmi les corps identifiés, on compte ceux de Yadji Alphonse, Hamboa Albert, Boula, Koumada Prosper, Hamloa, tous originaires de Diir, Hamadou, vivant à Batoua Pangar et trois bergers bororos inconnus.

C’est aux alentours de 17h30 mercredi dernier que les hommes envoyés sur le terrain sont rentrés au village. C’est tout le village qui est sorti dans un concert de pleurs et de grincements de dents. «Tous les jeunes pris en otage ont été sacrifiés par les malfrats ! Je suis vraiment choqué par ce qui vient de se passer. La situation de ma localité m’inquiète vraiment », indique sous  le choc, le conseiller municipal Sdf, Bouba Abba. La terreur des preneurs d’otages provoque déjà un exode des populations de Diir vers des cieux plus cléments et sécurisés.