Cameroun: Accessoires de mode en pagne au top

Les Camerounais se lancent de plus en plus dans la consommation des articles de mode made in Africa.

Il est désormais possible d’accessoiriser sa tenue africaine, de ville ou de soirée d’une pochette ou d’escarpins personnalisé de tissu pagne. Dans les ateliers de mode disséminés dans les marchés et quartiers de Yaoundé des colliers, bracelets, boucles d’oreilles, des sacs à main et des chaussures recouverts soit de tissu pagne ou de milliers de petites perles multicolores sont exposés dans les rayons. Les fabricants d’accessoires de mode en pagne encore appelés « African wear seller » sont à l’origine du changement vestimentaire des jeunes et même des plus âgés. « Nous avons eu l’habitude de consommer européen.
À un moment, je me suis dit pourquoi ne pas confectionner manuellement, les mêmes bijoux, les mêmes accessoires qui peuvent aller avec nos tenues africaines pour valoriser nos tissus, notre culture », explique Timmy, créatrice de bijoux en fil nylon. Timmy s’est lancée dans cette « nouvelle passion », il y a de cela 2 ans et elle y gagne son pain quotidien.

Pour se parer du bijou au complet (collier boucle d’oreilles bague), fait en fil nylon parsemé de perles, il faut débourser entre 1000 et 35 000FCFA. « Ces prix varient en fonction du motif, du modèle et la durée pour fabriquer une commande », précise la jeune créatrice.
Elle ajoute que « la femme apprécie les sacs habillés de tissus attrayants, qui ont une certaine classe ». Les intéressés dépensent entre 5 000 à 20 000 FCFCA pour l’achat d’un sac. Quant aux chaussures, les prix oscillent de 3 000 à 15 000 FCFA. Un créateur réalise aisément 50% de bénéfice par article. Il peut gagner 50 000 à 200 000FCFA sur un sac à main ou une paire de chaussures habillée en Wax au design vintage.
La vente de ces accessoires prend de l’ampleur au point où des revendeurs entrent dans la mouvance. C’est l’exemple de Bouba Koiranga, à la base vendeur d’article de mode et d’objets d’art. Aujourd’hui, il revend les accessoires achetés auprès des « African wear seller ». Et ce au double prix d’achat. « Les sacs de 3 000FCFA se revendent parfois à 5 000 voire 10 000FCFA », dit-il. Le seul inconvénient de ces accessoires est qu’ils perdent de leur splendeur au contact de l’eau, explique Timmy. Selon elle, il est préférable d’effectuer un nettoyage à sec pour un meilleur entretien. Et pour une meilleure valorisation des produits made in Africa, la jeune designer « exporte ses marchandises en Afrique, aux Etats-Unis et en Europe ».