Cameroun: 400 milliards pour développer l’Agriculture et les infrastructures

Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Louis Paul Motaze et le Secrétaire d’Etat français en charge du Développement et de la francophonie, André Vallini, ont signé le 30 juin 2016 le troisième Contrat de Désendettement et de Développement (C2D).

La signature du troisième et dernier C2D avait été annoncée par les parties camerounaise et française, lors de la 10e session du Comité d’orientation et de suivi tenue à Yaoundé le 9 février 2016. Aux côtés de l’Ambassadrice de France, Christine Robichon, coprésidente du Comité d’orientation et de suivi du C2D, le ministre des Finances (Minfi), Alamine Ousmane Mey, en jugeant «le bilan du C2D largement positif» jusqu’ici, avait promis, de faire en sorte que le C2D de troisième génération soit celui de «la maturité.» Point d’orgue d’un travail franco-camerounais entamé dix ans plus tôt, le troisième C2D se distingue de ses deux prédécesseurs par une durée plus longue (8 ans) et un montant plus conséquent (400 milliards FCFA). Grâce à ces ressources, le troisième C2D donnera corps aux priorités établies par les présidents Biya et Hollande lors de leur rencontre à Yaoundé en juillet 2015 : la poursuite

des grandes orientations esquissées lors des précédents contrats ainsi que le soutien aux régions périphériques, notamment celles frappées par les exactions de Boko Haram. 237online.com Plus particulièrement, le troisième C2D se concentrera sur deux grands secteurs : l’agriculture et le développement rural (119 milliards FCFA). Ce premier volet viendra appuyer la pérennisation des dispositifs d’appui conseil aux agriculteurs (ACEFA), de formation des jeunes aux métiers agropastoraux (AFOP) et d’investissements communaux (PNDP) amorcés au premier C2D. A ces projets s’ajoutera un programme innovant visant à accompagner les entreprises camerounaises dans la transformation et la valorisation des produits agricoles.

INFRASTRUCTURES
Le second volet, consacré aux infrastructures et les aménagements urbains (102 milliards FCFA), prolongera le travail engagé en faveur du développement des capitales régionales en équipant deux nouvelles villes du pays. «Pris ensemble, ces deux volets donnent corps à une vision : celle d’un Cameroun des territoires émergents. Le C2D entend soutenir le développement de campagnes dynamiques, connectées à des villes modernes par des chaînes de valeurs capables de transformer les produits de la terre en emplois et richesses pour tous. Cette vision sera complétée par des appuis budgétaires (122 milliards FCFA) en faveur des politiques de développement durable de l’Etat», indique le communiqué conjoint signé par les parties camerounaises et françaises. Le reste de la subvention appuiera le renforcement des administrations impliquées dans la mise en œuvre dans le C2D. Le premier C2D signé le 22 juin 2006, d’une valeur de 352 milliards FCFA, a permis de financer la construction d’infrastructures urbaines à Douala et Yaoundé, et d’amorcer de nouveaux projets pilote dans le domaine de l’agriculture et du développement rural. Il est arrivé à son terme au bout de six ans, en avril 2011.

AGRICULTURE
Un deuxième C2D a été signé le 1er juillet 2011 pour prendre le relai. D’un montant de 214 milliards FCFA, ce contrat a été orienté vers l’agriculture. Il a aussi permis améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, moderniser les infrastructures de production du monde rural, la gestion durable, la gouvernance et le développement. Enfin, une enveloppe de 26 milliards de Fcfa a été allouée à l’Education de base en juin 2007. Cet argent a permis aux pouvoirs publics, de contractualiser 32.000 enseignants vacataires. Cette somme a aussi pour le désendettement partiel de l’enseignement privé, la réforme du secteur de l’Education, l’achat de 13.000 kits pédagogiques, 54.000 tablesbancs, le raccordement des établissements scolaires au réseau Cde, la construction de 85 forages sur les 114 prévus, etc. Il a permis de passer à l’échelle nationale les programmes ruraux amorcés au premier C2D mais aussi la construction du second pont sur le Wouri à Douala et le développement de trois capitales régionales (Bafoussam, Garoua, Bertoua). En même temps, le secteur de la Santé publique a reçu 58,9 milliards de Fcfa environ en deux conventions signées en 2007 et 2009. 237online.com Une enveloppe qui aura permis de contractualiser du personnel sur 3 ans dans les zones enclavées, notamment, le renforcement de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et le lancement de 1000 chèques santé. A ce sujet, André Mama Fouda précise que «les réalisations du C2D santé sont de l’ordre de 98%.»