Cameroun: 18 ans déjà qu’Eboa Lotin, monument de la musique africaine est tombé

C’est 6 octobre 1997 que l’artiste musicien tirait sa révérence ville de Douala à l’hôpital Laquintinie, alors qu’il préparait la sortie de son prochain opus, Album religieux.
Né à Bonamouti, AkwaDoualad’une mère ménagère et d’un père pasteur , le révérend Adolphe Lotin Same, Immanuel Eboa Lotina fait danser et continue de faire danser les mélomanes camerounais. Sa passion pour la musique et le chant, il les tire de son géniteur, auteur de plus de 400 cantiques.
C’est donc très jeune qu’il est amené à faire face aux situations de la vie. L’histoire raconte que ses parents sont décédés alors qu’il n’avait que 3ans. Cinq ans plus tard il s’investit dans la musique comme pour noyer son chagrin et se faire une nouvelle famille. Cependant, il faudra attendre que le jeune Eboa ait 20 ans pour écouter sa première musique. Mulema mam (mon cœur) fait un carton mais ne lui rapporte pas assez d’argent pour l’estimer aisé.
L’artiste ne cède pas au découragement. De toute façon, il n’aurait pas pu, le don de la musique, il l’a dans le sang. Boulimique du travail, il compose ensuite cinq autres chansons , dont le fameux Mbemb’a mot’a sawa, titre grâce auquel il remporte le 1er prix du Concours Vick’s Vedette (avec Duke Ellington, président du jury et Myriam Makeba membre du jury). Grace à cette distinction, il découvre la capitale de l’amour Paris.
Dès ce moment, le succès ne le quitte plus. Il part de festivals en spectacles et multiplie les chansons sur le marché discographique. Entre autres de ses déplacements sur le continent africain, on peut citer : le séjour en Centrafrique suite à l’invitation de l’empereur L’empereur Bokassa 1er, le voyage au Gabon lors du 10e anniversaire de la rénovation, il avait été convié par Omar Bongo. Il faut rajouter à ceci la visite au Zaïre. Il avait été l’hôte du président d’alors, Mobutu Sese Seko.
« Il prêchait les bonnes mœurs et s’attaquait à des sujets de tous ordres. Parolier hors hiérarchie, il savait souvent provoquer, décrivant parfois “le nœud de la cravate comme une botte de chou”, ou encore l’un de ses personnages comme une pulpeuse aux “seins pointus comme des sagaies, avec des cuisses comme du saucisson à l’ail” », rapporte à son sujet le site web peuplesawa.com.
Sa dernière œuvre sortira quelque temps plus tard, à titre posthume, intitulé “ Forever ”, qui veut dire “ A jamais ”. Dans cette œuvre qui conclut une carrière de maestro, on retrouve sept chansons dont Ave Maria Cameroun.