Cameroun: À 11 ans il fait le commerce de nuit

Depuis la fin de l’année scolaire, Alane, comme nombre de jeunes de la ville de Yaoundé se livre au petits commerces, mais rentre à des heures tardives.

21h30 ce 24 juin 2017, la mine grise aux rebords de la route principale, le jeune Alane, 11 ans, fait des va-et-vient précisément aux encablures du lieu dit « rond point Nlongkak« ( Yaoundé). Comme les autres jeunes ( un peu plus de trois ) présents à ce lieu, le jeune s’avance vers chacun des véhicules qui s’arrêtent du fait des embouteillages, et par la vitre, il présente aux passagers à bord de ces engins des paquets de cacahuètes tout en scandant avec énergie, à chaque fois, :  » 100Frs 100 Frs, encouragez-moi s’il vous plaît« . De ces articles, il lui en reste 7  lorsque la rédaction de 237online l’accoste. Et le garçon n’est pas prêt de rentrer par ce que, dit-il, : « ma mère a dit que je dois vendre 2500 FCA de recette par jour« , il lui faut écouler ces sachets de sa marchandise pour atteindre son cota afin

« que ma mère ne me tape pas« . Il met donc chaque seconde à profit, Alane s’active, risquant quelques fois de se faire percuter par des bolides. C’est au bout d’une quarantaine de minutes, soit à 22h 15minutes qu’il y arrive, et donc peut rentrer. Il n’avait pas eu un client en s’accrochant aux portières de véhicules ou en courant après eux  qu’il aurait fait le tour de quelques lieux de détente et de mise, dusse-t-il rentrer plus tard nous a-t-il expliqué. Et d’ajouter qu’il est des jours où il se voit contraint de « partir dans un quartier, comme Essos, ou à la poste centrale [loin de Mballa 2 qu’il habite, ndlr] pour vendre. C’est quasiment devenu la routine, être 6 jours sur 7 ( excepté les dimanches) dans ces cavalcades, depuis un peu moins d’un mois qu’il est en vacance. il est davantage sous la contrainte de le faire, avec obligation de résultats, parce que « ma mère [qui est commerçante et célibataire, ndlr] vient d’accoucher, et je suis seul avec elle« . Il aime certainement sa génitrice autant qu’il la respecte car il ne prélève pas plus que les 100 FCFA qu’elle l’autorise à prendre pour se restaurer pendant toute la journée, ces journées qui débutent à 8h bien souvent. Si le bénéfice de ce business est censé être utilisé pour l’achat de ses fournitures scolaires et autres besoins, comme l’a indiqué sa mère, le jeune n’est que peu rassuré à cet égard tant il se souvient que des prêts ont dû être faits pour qu’il soit en règle à l’école (pour l’année qui s’achève), malgré un commerce passablement similaire qu’il exerçât. Un courroux mal contenu qui lui fait caresser désormais le rêve de se conduire comme ses compagnons du quotidien : manger et boire à satiété, se divertir quand vient le besoin.
Tout n’est donc pas rose pour ce bambin « à l’attaque » avec les marchandises fignolées par sa mère, lui qui s’est plutôt bien illustré dans le courant de l’année. Il a en effet été admis avec une note de 17/20 en classe de 5em dans un établissement de la ville de Yaoundé. Nombreux sont ceux  des jeunes camerounais qui comme lui se livrent à de telles activités de part les dix régions du pays par ces temps d’arrêts dans les établissements . Sans doute sont-ils à la merci de tous les dangers qui riment avec les métiers de colportage et autres à savoir : la drogue, le trafic de personnes, les mutilations et autres agressions ; à défaut de la conquérir ils seraient davantage des victimes de la rue qu’ils embrassent assez tôt malgré eux.