CÂBLES ÉLECTRIQUES : LES POTEAUX VICTIMES DE SATURATION.

La société nationale de distribution d’électricité (Eneo), autant que les câblodistributeurs et les adeptes des branchements frauduleux, sont les parties prenantes impliquées dans la promotion de ce fléau.

DEMANDER à un citoyen lambda, une ville du Cameroun où il n’existe pas de poteaux électriques aux allures de toiles d’araignées, peut sembler être une colle. Madagascar, Mokolo, Biyem-Assi, Deido, Mankon, presqu’aucun quartier, aucune cité, urbaine ou rurale ne peut se prévaloir d’une quelconque exemption vis-à-vis de ce fléau. À première vue, les installations de la société de distribution d’énergie se bousculent dans les coins de rue. Il est constaté une moyenne de 2 à 4 poteaux regroupés au même endroit.

«Ce type de dispositif prédispose à une forte concentration des câbles de tout ordre», précise Boyomo Konrad, ancien distributeur de câble. À regarder les fils qui sont suspendus sur leurs supports et relais respectifs, «il est n’est pas toujours évident de pouvoir repérer leurs tenants et leurs aboutissants. Dans ce cafouillage indescriptible, il faut regarder longtemps pour se rendre compte qu’il y en a qui sont enroulés, d’autres qui sont coupés, abandonnés et pendants. Des branchements sans nombre de tous ordres, formels et informels, sécurisés et très dangereux», déclare Mbama Simplice, ingénieur.

La réalité de la concentration anarchique des câbles dans les airs est le résultat d’un «melting pot orchestré par les câblodistributeurs qui installent parfois leurs propres poteaux à proximité de ceux d’Eneo. Ces derniers n’hésitent pas au passage à mêler leurs installations à ceux de la société de distribution d’électricité. C’est pourquoi la confusion caractérise ces installations», assure Kamdem Christophe, électricien.

Certaines pratiques frauduleuses visibles se veulent favorables à l’existence et à l’entretien de cette anarchie. «Ils sont nombreux ces citoyens qui s’amusent  à effectuer des branchements directs sur les poteaux. Esquivant ainsi la taxation par compteurs. Ces pratiques sont assez vulgaires surtout dans les quartiers, mais encore plus dans les marchés et dans certaines mini-cités universitaires.

Lorsqu’ ils sont assurés avec succès, ils violent le code du circuit de branchements et de conduit des fils électriques. Créant ainsi un véritable méli-mélo. Les fils sortant de la gauche, de la droite, allant vers le haut ou vers le bas, ont une allure de véritable toile d’araignée», soutien Onana Antony, chercheur.

Selon les résultats de travaux menés par ce dernier, dans les zones à forte densité humaine comme les marchés, cités universitaires et les quartiers populaires, un incendie sur trois est provoqué par des problèmes électriques. Généralement par des surcharges d’un circuit électrique ou par un court-circuit dû à des câbles mal isolés