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Burkina Faso: les populations disent non «au pouvoir à vie»

Burkina Faso: les populations disent non «au pouvoir à vie»

Le Parlement a la lourde responsabilité d’examiner, ce jour, le fameux projet de loi initié par le président Blaise Compaoré, pour faire passer de 2 à 3 le nombre de quinquennats présidentiels. Le peuple qui exige le retrait pur et simple du projet de loi en question retient son souffle.

«Maintenant, ça passe ou ça casse !», «Judas, libérez les lieux», «Blaise dégage» ou «Article 37 intouchable». Voilà, entre autres, les messages exprimant le ras-le-bol des centaines de milliers de manifestants descendus sur les rues de Ouagadougou (la capitale) et Bobo-Dioulasso (la deuxième ville du pays), depuis le début de la semaine. Visiblement, la majorité de Burkinabés est contre l’odieuse décision du gouvernement de procéder à une modification de la Constitution qui permettrait au président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de briguer un 5è mandat en 2015.

En effet, depuis le 21 octobre, date à laquelle le gouvernement a annoncé son intention de procéder au tripatouillage de la loi fondamentale, plusieurs manifestations ont été organisées par l’opposition dénonçant un «coup d’État constitutionnel». «Nous ne voulons pas du pouvoir à vie», a déclaré Saran Sérémé, une ancienne députée pro-Compaoré passée dans l’opposition, qui dirige le Parti pour le développement et le changement, non représenté à l’Assemblée nationale. Symbole très grave : la manifestation des femmes avec spatule à la main. Dans la société burkinabè, le fait qu’une femme lève sa spatule, qui sert à préparer le ‘’tô’’ (une pâte de mil ou de maïs, plat traditionnel dans le pays), en direction d’un homme est considéré comme une très forte marque de défiance.


Les regards des Burkinabés tournés vers le Parlement
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Pour faire monter l’adrénaline, les syndicats ont appelé à une grève générale hier mercredi, la veille de l’examen par les députés du projet de modification de l’article 37 de la Constitution pour faire passer de deux à trois le nombre maximal de quinquennats présidentiels. Si la loi est adoptée, un référendum sera organisé. Mais en cas d’adoption avec plus de deux tiers des voix, la Constitution pourrait être révisée sans passer par le référendum. Pour certains politologues, «en l’état actuel des choses, nul ne peut véritablement arrêter la volonté de Blaise Compaoré». Par crainte de débordements, les écoles et les universités ont été fermées depuis lundi.

Déjà, animé d’un instinct pouvoiriste, le bourreau de Thomas Sankara en 1987 a fait amender la Constitution en 2000. Et comme lui, ils sont plusieurs chefs d’État africains à travailler actuellement à leur maintien ad vitam aeternam au pouvoir à partir de 2015, bien que la Constitution de leur pays le leur interdise : Pierre Nkurunziza au Burundi, Denis Sassou-Nguesso au Congo, Joseph Kabila en République démocratique du Congo (Rdc) et Paul Kagame au Rwanda.

 

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