Brin d’espoir dans le Transport urbain à Yaoundé

Entre rareté des bus et insuffisance des taxis, aller d’un point à l’autre n’est pas aisé dans la capitale.

Au quartier Biyem-Assi ce lundi matin, Julienne O. est au bord de la route depuis 6h45 mn. Jusqu’à 8h30 mn, la dame est toujours à la même place.

Perchée sur des talons de 15cm, sa gêne se lit à distance. Taxi après taxi, elle finit par proposer plus. De 300 F que l’on entendait crier tout à l’heure, elle dit subitement « 500 Omnisports ». Un, deux, voire sept taxis, sans résultat. « Je ne sais plus quoi dire. Partir du quartier Biyem-Assi pour Ominisports tous les matins est un vrai parcours du combattant. C’est quand je sors à 6h que je ne traîne pas. Dans le cas contraire, c’est la galère parfois jusqu’à 9h », explique la dame, presque battue.

Loin de-là au quartier Damase, de nombreux hommes et femmes sont également dans l’attente d’un éventuel moyen de transport. La route est déjà bitumée, mais regagner la ville n’est toujours pas aisé de ce côté. Du coup, las d’attendre un taxi, c’est dans un clando qu’ils finissent par se serrer comme les sardines. L’essentiel étant d’arriver à destination sans se préoccuper du confort. Même dos à dos avec le chauffeur ou face à face avec les autres passagers, ils sont dedans. « Nous n’avons pas le choix. Lorsque vous voulez arriver au bureau à temps, si vous comptez sur les taxis, c’est le retard assuré. Les bus encore, on ne les voit jamais. On ne sait même plus s’ils existent encore », regrette l’un d’eux.

La majorité des Yaoundéens expliquent que les difficultés de déplacement se sont aggravées avec la reprise des classes. « On a l’impression que le nombre de taxis ne correspond plus à la population de la capitale. Il en faudrait davantage pour améliorer le transport, parce qu’actuellement, beaucoup de personnes souffrent pour rejoindre leurs lieux de service », relate Antoine Onana, fonctionnaire.

A la société le Bus, par contre, l’enceinte brille par le nombre de gros porteurs stationnés. Ils ont l’air abandonné. Pas moyens de rencontrer un responsable. Mais un chauffeur de ladite société accosté au centre-ville indique sous anonymat, qu’entamée avec près de 50 bus, la société dispose actuellement de moins d’une dizaine de véhicules. Ce sont ces derniers qui essayent tant bien que mal, de desservir quelques zones : Oyomabang, Soa-Poste centrale, entre autres. « Le problème n’est pas la vétusté des bus mais le manque de pièces de rechange. Du coup, lorsqu’un bus tombe en panne, il n’y a plus moyen de le remettre en route », assure-t-il.

Heureusement, l’espoir est permis. La Communauté urbaine de Yaoundé va créer dans les prochains mois, une autre société de transport urbain. Ce qui va, à cette date, faciliter la vie des personnes qui dépendent de ces moyens de transport.