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Boko Haram recrute près de 100 jeunes

Boko Haram recrute près de 100 jeunes

Le village est un vivier de recrutement pour Boko Haram.

Tolkomari, localité située à une vingtaine de kilomètres de Mora dans le Mayo-Sava, connaît ce 15 juin 2014 un jour d’accalmie lorsque vers 13 h, deux éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR), débarquent. Non loin de la mosquée, ils trouvent des hommes qui bavardent. Ils contrôlent leurs papiers d’identité, comparent les noms avec ceux figurant sur une liste en leur possession. Au bout d’une dizaine de minutes, les militaires tombent sur Malloum Abba, recherché.

«Ils lui ont demandé de les suivre. Il s’est levé. Après avoir fait quelques cinq pas de là où nous nous trouvions, ils ont ouvert le feu sur lui et l’ont criblé de balles», relate un témoin de la scène. «Quand ils se sont rassurés qu’il était sans vie, ils se sont retournés vers nous et nous ont posé de questions. Tout porte à croire qu’ils nous soupçonnaient d’appartenir aussi à la secte. Ils nous ont manoeuvrés pendant des heures avant de nous laisser partir», poursuit le témoin qui ajoute que Malloum Abba n’avait pas été aperçu au village depuis plus d’un mois.

Tolkomari, situé à 25 km de Mora, a servi à plusieurs reprises de base de repli aux éléments de la secte islamiste. Mieux, la secte a recruté, selon plusieurs familles, près de 100 jeunes gens. «On peut à nos jours chiffrer entre 60 et 100 le nombre d’adeptes de la secte partis de notre village. Plusieurs chefs de famille savent que leur vie est en danger.

Leurs fils leur ont promis la mort à leur retour parce les parents ne cautionnent pas leurs actes. C’est pourquoi certains parents font parfois le jeu, laissant croire aux enfants qu’ils ont la même vision qu’eux alors qu’il n’en est rien. C’est même eux qui alertent le chef du village du départ de leurs progénitures», raconte un commerçant de Tolkomari.

Ici, les gens s’accordent à dire que les adeptes de la secte Boko Haram se reconnaissent par le port des chaussettes noires. «Ces gens se reconnaissent entre eux. Après une longue analyse et observation, il se dégage que ces adeptes portent tous des chaussettes noires au pied. Qu’ils aient la gandoura ou la tunique, ils portent ces chaussettes là au pied», précise Abdelraouf, habitant du village.

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