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Boko Haram : le Cameroun révise son accord de libre circulation avec le Mali, un visa d’entrée institué

Boko Haram : le Cameroun révise son accord de libre circulation avec le Mali, un visa d’entrée institué

Sous la menace de la secte islamiste nigériane Boko Haram, le Cameroun a conclu mardi à Yaoundé avec le Mali la révision d’une convention sur la libre circulation des personnes et des biens en vigueur depuis plus de 50 ans, donnant lieu à l’institution d’un visa d’entrée pour leurs ressortissants respectifs afin, explique-t-on, d’une meilleure régulation des flux migratoires.

C’est une réforme d’un régime d’exemption de visa généralisé au profit des voyageurs des deux pays consacré par l’accord précédent signé le 6 mai 1964 à Bamako.

Cette politique permettait aussi qu'”un Malien qui vit au Cameroun, comme un Camerounais qui vit au Mali, bénéficie des mêmes droits que les nationaux de ce pays”, a rappelé à Xinhua le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop.

Pour cette raison, le Cameroun accueille sur sol aujourd’hui quelque 20.000 Maliens, alors qu’environ 4.000 Camerounais vivent au Mali, d’après les estimations du ministère camerounais des Relations extérieures.

Pour Abdoulaye Diop cependant, “il est évident qu’il y a des contraintes qui se posent surtout au Cameroun aujourd’hui, surtout dans un environnement niveau régional, où sa législation doit pouvoir évoluer pour s’adapter. Nous comprenons ces difficultés auxquelles fait face le Cameroun et nous voulons vraiment aider à cela. Tout comme nous avons eu le sentiment aussi que nos frères camerounais comprennent les contraintes qui se posent au Mali”.

C’est une allusion au péril jihadiste qui met à mal la sécurité et la stabilité dans les deux pays africains. S’agissant du Cameroun, une délégation officielle s’est rendue en février à Bamako, pour l’ouverture des discussions en vue d'”une relecture d’un des textes fondateurs de la relation privilégié entre le Mali et le Cameroun”, a indiqué le ministre des Relations extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo.

Dans le nouvel accord, “tout a été fait pour préserver les acquis, de manière à ce que le caractère spécial de notre relation se perpétue, a-t-il expliqué. Certaines modalités ont été changées, en ce qui concerne notamment l’exigence d’un visa d’entrée pour une catégorie de personnels”.

Selon son homologue malien, ce visa sera délivré à “des conditions ou en tout cas dans des modes qui sont faciles et accessibles pour nos ressortissants. Mais aussi il y a quand même des exemptions qui concernent une catégorie de personnels, y compris les porteurs de passeports diplomatiques, de passeports de service, ceux qui se rendent ici pour des missions particulières”.

“Pour le reste, a-t-il ajouté, nous travaillerons à faire en sorte que des visas soient délivrés pour des gens qui se rendent au Cameroun pour des séjours qui ne sont pas longs: les hommes d’affaires, les chercheurs, les sportifs, qu’ils puissent continuer à accéder dans les deux pays et entreprendre leurs activités comme ils le souhaitent”.

La mise en œuvre de la nouvelle convention sera accompagnée de l’ouverture par le Cameroun d’un consulat en pied à Bamako et du transfert du consulat honoraire du Mali à Douala pour Yaoundé.

Annoncée également, l’opérationnalisation attendue de longue date de la grande commission mixte de coopération bilatérale et de l’accord de promotion et de protection réciproque des investissements.

 

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