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BOKO HARAM : LA FIN DE LA FORCE MULTINATIONALE ?

BOKO HARAM : LA FIN DE LA FORCE MULTINATIONALE ?

La perte de la ville nigériane de Baga est un sérieux avertissements aux pays riverains du lac Tchad.

La perte de la ville nigériane de Baga dans l’Etat de Borno, le 3 janvier 2015, témoigne à suffisance des craintes de l’armée camerounaise sur l’incapacité des militaires nigérians à faire face aux combattants de la secte islamiste Boko Haram. Lors de la 3ème réunion des ministres de la Défense, des chefs d’Etat-major et des chefs des services de sécurité et de renseignement des pays membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) et du Bénin, qui s’est tenue du 22 au 23 juillet 2014 à Niamey au Niger, Nigérians et Tchadiens avaient fait le forcing afin que Baga abrite la force multinationale de 700 éléments alors en gestation.

Le Cameroun s’était opposé à cette solution, non sans raison. La délégation camerounaise soupçonnait en effet le Nigeria de vouloir soustraiter sa guerre, en positionnant des forces étrangères sur son territoire. Pis, Baga, comme l’offensive de Boko Haram du 3 janvier 2015 l’a démontré, était difficilement défendable. Au lieu d’être une force opérationnelle qui a l’initiative, le contingent de 700 hommes devait être confiné sur la défensive. Le Cameroun a donc, à juste titre, rejeté cette idée et milité pour un déploiement des contingents de chaque pays au niveau de sa frontière maritime du lac Tchad bien que cette proposition écartait de facto les forces béninoises de toute participation directe aux opérations.

Abandonnant les propositions camerounaises, Tchadiens et Nigérians, deux pays dont les convergences de vues sont plus que suspectes dans cette guerre contre Boko Haram, ont déployé leurs troupes à Baga. Le Niger, aussi a suivi. Pas pour longtemps, car en novembre 2014, Tchadiens et Nigériens pliaient bagages après le massacre des pêcheurs par Boko Haram dans les environs de Baga. Pour justifier leur départ, les deux pays ont prétexté que les forces nigérianes ne contrôlaient pas le secteur.

Une position que les Camerounais avaient défendu quelques mois plus tôt à Niamey. Si la force multinationale sous-régionale chargée de lutter contre Boko Haram bat toujours de l’aile, la perte de Baga devrait assurément rappeler aux pays riverains du lac Tchad combien il est urgent de combattre la secte islamiste. «Ndjamena a toutes les raisons d’être inquiet. Beaucoup de Tchadiens qui ont fui la Lybie et qui faisaient le coup de feu pour Kadhafi, vendent actuellement leurs services à Boko Haram. On y retrouve même d’anciens militaires tchadiens, notamment de l’ethnie Gorane, qui conduisent leurs chars quand ils ne s’occupent pas de l’armement lourd.

Plus ces Tchadiens vont se rapprocher de la frontière de leur pays, plus loin ils lorgneront. Le Tchad doit donc urgemment reconsidérer sa politique à l’égard de la secte», fait remarquer un analyste camerounais. Pour le Cameroun, en première ligne dans la guerre contre Boko Haram, la chute de Baga consacre la mainmise de la secte sur la frontière du Nigeria avec la région de l’Extrême-Nord. D’ailleurs, c’est toute la frontière entre l’Etat de Borno et le Cameroun, l’Etat de Borno et le Niger et l’Etat de Borno avec le Tchad qui est tombée sous la coupe de la secte.

 

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