Boko Haram: Des experts camerounais en criminalité souhaitent entrer en guerre

Tous membres de la Chambre nationale des experts criminels du Cameroun (Cnecc ), ils disent détenir les stratégies opérantes pour mettre un terme aux attaques kamikazes de Boko Haram.
Le Cnecc est une association composée d’officiers supérieurs de police judiciaire. « Nous sommes tous des diplômés, des grandes écoles de criminalité. Et tous les membres de la chambre ont une formation en ce domaine», justifie le maitre-expert criminel Olinga Tsuil Francis. Ainsi, après observation des nouvelles méthodes de la secte terroriste Boko Haram et l’analyse des moyens mis sur pied par les autorités camerounaises, la Chambre nationale des experts criminels souhaite apporter son appui aux forces de défense engagés au front. C’est pourquoi, lors d’une réunion tenue le 4 aout 2015 à Yaoundé, les membres ont adressés un rapport technique au chef de l’Etat.
En effet, si la chambre apprécie les efforts des autorités, notamment les actions administratives qui se déclinent pour la plupart en interdiction et suspension d’activités ou de comportements, elle estime cependant qu’il s’agit d’actes qui ont pour seule efficacité de retarder, dissuader et même d’interpeller d’éventuels suspects. « La menace est différente aujourd’hui. Il n’est plus simplement question de prendre des mesures de vigilance. Raison pour laquelle, nous proposons des actions scientifiques et techniques qui permettent non pas uniquement de démanteler les poseurs de bombes, mais aussi de débusquer leurs financeurs », indique le maitre-expert criminel Olinga Tsuil Francis.
Et le processus débute selon les experts par une bonne communication et un choix judicieux des acteurs de la guerre. « L’agent qui est sur le terrain doit avoir le profil semblable à sa cible. Les agents en tenue, les chars, les fusils d’assaut ne peuvent plus être efficaces pour combattre les kamikazes », explique maitre-expert Mekoag Mpoamb Julien. Egalement, la lutte nécessite la contribution d’expertises diverses à l’instar de celles menées par les spécialistes en topo-drame. Cette technique s’effectue sur les scènes de crimes, et permet entre autre de relever les traces et autres empruntes de l’ennemi. Tout comme elle requière des actions répressives particulières.
Le rapport qui est adressé au chef de l’Etat par l’entre-gens du ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, et qui détaille l’ensemble des techniques, n’a pas été dévoilé à la presse. Mais les experts laissent entendre qu’il étale « les résultats des travaux des experts criminels du Cameroun », précisément les observations sur le combat que le pays mène contre les djihadistes de Boko Haram, et les propositions « opérantes ». « Nous apprécions les efforts effectués par notre pays, mais notons que beaucoup de choses méritent encore d’être faites. Notamment face aux nouvelles méthodes de cette secte. Les méthodes que nous proposons à notre gouvernement sont efficaces. Elles permettront de vaincre et non de repousser l’ennemi »