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Biya casse un texte d’Ahmadou Ahidjo

Biya casse un texte d’Ahmadou Ahidjo

Le visa devient obligatoire pour les ressortissants du Cameroun et du Mali. Les nouvelles mesures surviennent après la révision de la convention d’établissement et de circulation des personnes entre le Cameroun et le Mali.

Selon des sources bien informées, la convention d’établissement et de circulation des personnes entre le Cameroun et le Mali, qui avait été signé le 6 mai 1964 par Benoît Balla alors ministre camerounais des Affaires étrangères et Mamadou Madeira Keita alors ministre malien de la justice, à l’initiative des présidents Ahmadou Ahidjo du Cameroun et Modibo Keita du Mali, a été remplacée par une nouvelle convention mardi. Un accord sur la circulation des personnes et des biens entre le Cameroun et le Mali. Le visa devient obligatoire pour un Camerounais qui veut se rendre au Mali et pour un Malien qui veut se rendre au Cameroun. Les ressortissants des deux pays doivent désormais se munir d’un visa d’entrée qui est gratuit.

Mutations et exigences communautaires

Ce qui n’était pas le cas depuis 1964 où Camerounais et Maliens pouvaient se déplacer d’un pays à l’autre sans visa. L’ancienne convention a permis aux citoyens des deux pays d’entrer librement sur le territoire de l’autre Etat, de voyager, d’établir sa résidence dans le lieu de son choix et en sortir sans être astreint à un visa ou à une autre autorisation quelconque de séjour. Les nouvelles mesures entrent immédiatement en vigueur. Le ministre des Relations Extérieures (Minrex) Pierre Moukoko Mbonjo a justifié le nouvel accord par les engagements du Cameroun en zone Cemac et le contexte sécuritaire. Selon des sources diplomatiques maliennes, l’essentiel est la préservation de la qualité des relations entre le Cameroun et le Cameroun.

Notamment les liens d’amitié et de coopération entre les deux pays qui sont excellents. Un consulat du Cameroun sera ouvert à Bamako et le consulat du Mali à Douala devrait être transféré à Yaoundé. C’est que l’ancienne convention été revue et corrigée. Certaines dispositions ont été supprimées et d‘autres ont subi des modifications. Les vingt articles de la convention de 1964 avaient besoin d’être toilettés pour tenir compte des mutations intervenues dans chaque pays sur le plan institutionnel – Pour l’adapter aussi aux mutations de l’Etat du Cameroun qui n’est plus une république fédérale come ce fut le cas à l’époque – . Mais aussi dans les relations entre chacun des pays et  dans ses rapports avec les institutions sous régionales – La Cemac connait des mutations dans son organisation et son fonctionnement.

Impératifs sécuritaires

Certaines dispositions mettent l’accent sur la prise en compte des dispositions communautaires propres à la sous-région dont chacune des parties contractantes relève. Enfin par rapport aux impératifs de sécurité, notamment la lutte contre le terrorisme qui préoccupe les deux pays. Toutefois, les détenteurs de passeports diplomatiques, de service et certaines catégories professionnelles dont les sportifs seront exemptés de visa. Le Cameroun dans la guerre contre Boko Haram et le Mali par rapport aux groupes jihadistes qui commettent des attentats et prises d’otages. Nous annoncions dans un dossier de La Nouvelle Expression consacré aux problèmes de la libre circulation en zone Cemac que le Cameroun et le Mali planchaient sérieusement depuis plusieurs mois sur la révision de la convention d’établissement et de circulation des personnes entre les deux pays.

Pour l’adapter aux exigences de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Dans le cadre de la Libre circulation sur le territoire communautaire. Nous avions souligné qu’ à la demande pressante de la Cemac de manière générale et de la Guinée Equatoriale en particulier qui se plaint de ce que les détenteurs du passeport et de la carte d’identité nationale du Mali s’adonnent à des activités illicites , le gouvernement camerounais s’est vu obligé d’attirer l’attention et de susciter des séances de travail avec le gouvernement malien. Le ministère malien des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de la coopération internationale a travaillé de concert avec le ministère des Relations extérieures sur ce dossier.

Concertations entre experts

Plusieurs rencontres ont eu lieu depuis l’année dernière sur le projet de révision de la convention d’établissement et de circulation des personnes entre les deux pays. On se souvient de la réunion technique des experts du Mali et du Cameroun qui s’était déroulée du 9 au 13 février 2015 à Bamako, au Mali. En effet, la convention initiale a fait l’objet de propositions du Cameroun, de contre proposition malienne, de réplique du Cameroun et de contre réplique du Mali. Les négociations tendaient à la conclusion d’un accord sur la circulation des personnes et des biens pour une période de cinq ans renouvelable annuellement par tacite reconduction.

Les mesures prises en mai dernier à Libreville sont difficilement appliquées aux frontières gabonaises et équato-guinéennes. Nous avions mis en exergue dans ce dossier de La Nouvelle Expression la difficulté à appliquer la résolution contenue dans le communiqué final du 12ème sommet des chefs d’Etat de la Cemac tenu à Libreville, au Gabon, le 6 mai 2015.Un communiqué clair : «Examinant la question de la libre circulation des personnes, la Conférence a décidé de l’application immédiate de l’Acte additionnel y relatif sur l’ensemble du territoire de la Cemac. A cet effet, les ressortissants des pays de la Cemac sont autorisés à circuler sans visa, à l’intérieur du territoire communautaire, munis soit de la carte d’identité biométrique, soit du passeport biométrique, soit du passeport Cemac biométrique homologué».

 

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