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Bertoua, Le calme après les émeutes

Bertoua, Le calme après les émeutes

Entre-temps, des interpellations des présumés fauteurs des troubles du 21 janvier 2014 se sont poursuivies.

Le visiteur qui débarquait en fin de semaine dernière à Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est, ne pouvait pas s’imaginer que cette cité avait été secouée par des émeutes de supposés conducteurs de mototaxis. Dès le lendemain de ce « mardi noir », on subodorait la peur chez certains d’entre eux qui craignaient des représailles internes s’ils arboraient leurs chasubles et leurs badges professionnels comme instruit par le préfet du Lom-et-Djerem au cours de la réunion de crise qu’il avait présidée à la suite de ces échauffourées. Ce n’est que le jeudi dans l’après-midi qu’on a observé le retour des chasubles de couleur orange identifiant les conducteurs de mototaxis à Bertoua. Du côté de la communauté urbaine de Bertoua (Cub) qui a essuyé le plus gros des dégâts matériels, le travail a repris au petit trot non sans précautions préalables.

Ici, Dominique Sabolo, le secrétaire général, contrairement à ses habitudes, travaille désormais la porte totalement fermée. « Il a décidé d’adopter cette nouvelle habitude en attendant la remise en place de la deuxième porte en vitre de son bureau qui a volé en éclats sous les projectiles des émeutiers. Il se prémunie d’autant plus qu’il est juste face à l’endroit d’où étaient sortis les jeunes en furie qui ont saccagé trois camions-benne, une niveleuse et des lames naco des autres bureaux », renseigne un agent communal. Idem pour Kal Nyatal, le chef de service de l’étatcivil qui craint pour sa vie « après le sprint que j’ai pris hier (mardi, ndlr) pour sauver ma tête dans cette affaire ».

Quant à Dieudonné Samba, le délégué du gouvernement, il est introuvable ce matin. Lui qui avait habitué les populations à le voir circuler sans son garde du corps, est désormais flanqué de ce dernier. Sur les raisons de son absence au moment de notre passage, une source nous apprend qu’il est tout le temps appelé en réunion de sécurité avec les autorités administratives.

Interpellations

« Cette nuit (jeudi, 23 janvier 2014, ndlr), nous avons interpellé 14 suspects au cours d’une opération de ratissage dans certains quartiers de la ville », apprend-on d’une source interne au commissariat central de Bertoua. « Ici, quelque soit votre problème, la priorité est donnée aux auditions de ces suspects », lance un des officiers de police commis à cette tâche à chaque fois qu’il est déconcentré par d’autres usagers qui vont et viennent pour d’autres services. Pour réduire sa charge de travail, le commissaire principal Frédéric Foumena, le commissaire central, affecte directement les personnels officiers et commissaires nouvellement affectés dans son unité.

« Le commissariat central a la chance de vous accueillir en ces moments chauds. Et c’est aussi pour vous l’occasion de vous frotter d’entrée de jeu aux réalités de la profession. Ici, vous n’aurez pas le temps de cirer vos chaussures », tance-t-il l’une des jeunes commissaires de police qui tentaient ce geste au contact de la poussière ambiante de son bureau. Cette dernière va alors recevoir une portion de la trentaine de gardés à vue dans le cadre de l’enquête ouverte sur instructions du préfet du Lom-et-Djerem au sujet des émeutes qui ont secoué la ville de Bertoua ce mardi 21 janvier 2014.

Du côté de l’hôpital régional de Bertoua, Jennifer Bih, la dame qui avait été donnée pour morte après sa collision avec la moto conduite par Daniel Gal, est sortie le même jour de la salle d’observation où elle avait été admise. Aux dernières nouvelles, Daniel Gal a été référé le 23 janvier 2014 à un autre hôpital de Yaoundé dont le plateau technique permettrait de prendre en charge les traumatismes subis. Rappelons que c’est sa mort supposée qui avait déclenché les casses du 21 janvier 2014. Pourtant, les informations glanées auprès de ses proches ne lui reconnaissaient pas le statut de conducteur de mototaxi.

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