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Benjamin Zebaze : a propos de ma réaction contre la sortie de Lazare Kaptué

Benjamin Zebaze : a propos de ma réaction contre la sortie de Lazare Kaptué

Chers Amis,
Comme je l’ai indiqué dans divers « posts », le professeur Kaptué m’a traduit en justice pour diffamation. J’insiste sur le fait que malgré ce qu’on a pu en dire, j’estime avoir été gentil avec le Président de l’UdM. Que son seul argument valable soit qu’il est âgé de 76 ans plutôt que de 85 en dit long sur ses moyens de défense.

On parle de diffamation lorsqu’on affirme un fait de nature à porter atteinte à l’honneur, à la réputation d’un individu. Vu comme cela, Lazare Kaptué peut se plaindre. En attendant que je réplique point par point à son droit de réponse, que les tribunaux nous départagent, je me vois dans l’obligation de publier petit à petit les documents qui ont servi de base à mon enquête. J’en ai pour plus de 500 pages.

Je commence par un audit interne à l’AED-UdM, réalisé par Kago Lele, Tchoutchoua Thomas et Yomi Moïse, tous membres de l’AED-UdM. Je pense que les critiques vont se taire un peu. J’espère que Lazare Kaptué sera là pour entendre mon avocat lire l’entièreté de ce rapport coécrit par le SGA actuel de l’AED devant les juges. Tout le monde comprendra que mes écrits sont en deçà de ce rapport.

Je rappelle à ceux qui ne me connaissent pas, que cela fait 25 ans que je suis dans la presse et je revendique le fait d’avoir sorti de nombreuses affaires importantes, dont celle-ci qui montrent que personne ne m’enfermera dans un carcan tribal.

Affaire de la grande mosquée de Yaoundé

Jeune promoteur du journal « Challenge Hebdo » dans les années 90, mes enquêtes aboutissent à la conclusion selon laquelle le terrain où est érigé cette mosquée appartient à un certain … Paul Barthélémy Biya. Pourtant, il avait été réservé par le président Amadou Ahidjo pour la communauté musulmane. L’Arabie Saoudite qui veut aider celle-ci à construire cette mosquée, exige qu’on lui montre le titre foncier du terrain sur lequel elle doit être bâtie.

Les dignitaires musulmans de Yaoundé m’appellent au secours. A l’époque, il n’y a ni radios, ni télés privés. Mon ami Njawé tire à 100 000 ex avec « Le Messager » et moi à 70 000 ex : avec « Challenge Hebdo » ; nous disposons d’une force de frappe conséquente. N’écoutant que mon courage, je publie, comme dans l’affaire UdM, tous les documents et raconte comment le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé Emah Basile a offert ce terrain à Paul Biya.
 
Toute la briqueterie, le jour de parution du journal, entre en ébullition. Il ya malheureusement des morts suite à une violente charge de la police. Paul Biya renonce à ce titre foncier et rétrocède le terrain à la communauté musulmane qui y a construit cette imposante mosquée. Comme ces gens sont reconnaissants, le jour de l’inauguration, hommage m’a été rendu pendant les discours, ainsi qu’à « Challenge Hebdo ».

Un homme d’affaire au cœur d’un trafic de liqueurs

C’est encore ce journal qui mettra sur la place publique, les agissements de cet homme d’affaires originaire du grand Mifi, devenu milliardaire en trafiquant pendant des dizaines d’années au port de Douala. Il faisait venir des containers pleins par centaine avec aux premiers rangs des tomates en conserves et tapis au fond, liqueurs, champagnes, vins…
Son complice de l’époque, est désormais lui aussi milliardaire et député à l’Ouest pour le compte du Rdpc. Un dirigeant d’un grand groupe appartenant à un ressortissant de l’Ouest pris en France en flagrant délit de trafic de drogue.

C’est dans le cadre du premier quotidien privé camerounais (Le Quotidien), que j’ai sorti cette rocambolesque affaire où le Directeur général du plus grand groupe privé de notre pays à l’époque (un français), s’est fait prendre par la police à Melum en France pour trafic international de drogue. 7 jours plus tard, il est libéré par les autorités françaises et tous les gendarmes ayant participé à son arrestation sont affectés un peu partout en France. Le groupe camerounais cède dans la foulée des actifs à une société française à qui il faisait de l’ombre. Le PDG de ce groupe devient un fervent et zélé supporteur de Paul Biya à l’Ouest et ailleurs.

L’affaire Tonyé Bakot

C’est le journal « Ouest Littoral » qui diffuse l’affaire Tonyé Bakot dans l’opinion. C’est lui qui indique comment le prélat a ourdi une chasse inédite aux bamiléké à l’Université Catholique ; comment il veut en finir avec le père Jésuite Ludovic Lado, coupable selon lui, de favoriser l’ethnie bamiléké.

L’affaire Dzongang

Malgré la pénibilité de la situation, étant donné mes relations avec Albert Dzongang, c’est le journal « Ouest Littoral » qui, à la suite de l’excellent travail de notre jeune confrère Thierry Ndong du journal « Intégration », va mettre à nu les tentatives de ralliement au Rdpc du président de la « Dynamique », au mépris de toute morale politique et du respect des paroles prononcées.

L’affaire Geovic

Récemment, on a vu comment le journal « Ouest Littoral » s’y est pris pour mettre à nu la combine qui au sommet de l’Etat et au Fmi, a fait perdre des milliards au Cameroun et à de nombreux investisseurs internationaux.

L’affaire UdM

C’est avec le même souci du détail et surtout de la vérité qu’a été traitée cette affaire UdM. Tout ici prend des proportions inouïes parce que le mythe des gens fait pour gérer tandis que d’autres sont fait pour voler tombe. C’est d’autant plus grave qu’il s’agit de quelqu’un que les ressortissants de l’Ouest avaient porté au firmament, mais qui tombe aussi pitoyablement. En conclusion, durant toute ma carrière, j’ai fait beaucoup de bêtises. Mais personne ne m’enfermera dans un carcan tribal, les exemples de gros dossiers que j’ai eu à traiter jouant, je le pense, en ma faveur.

J’ai eu en main le rapport que je vais publier dans la journée depuis 2014. J’ai laissé le temps aux responsables de l’UdM de se ressaisir ; ils ont préféré rendre cette affaire publique en saisissant les tribunaux pour régler leur différent. J’ai publié une infime partie de ce que je savais. Puisqu’à mon tour, je suis cité devant un tribunal, je ne prends plus des gants. Cette piteuse Gestion de l’UdM par Lazare Kaptué nous rend Paul Biya plus sympathique au point où on se demande ce que nous serions devenus avec des gens comment le président de l’UdM au sommet de l’Etat. Vous ne pouvez savoir combien un tel constat me fend le cœur. Prenez le temps de lire ce rapport d’audit, réalisé par des membres de l’AED-UdM, même en plusieurs jours. Il couvre largement la période où Lazare Kaptué était à la tête de l’AED et de l’UdM ; il est par conséquent responsable de la situation désastreuse décrite.

 

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