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Batailles autour de l’immeuble siège de la cbc à Douala

Batailles autour de l’immeuble siège de la cbc à Douala

Un employé du Groupe Fotso gardé à vue.

Pierre Fosap, agent d’exploitation et de maintenance à Fotso Group Holdings SA, l’un des maillons du pool d’entreprises appartenant à Yves Michel Fotso (en détention au secrétariat d’Etat de la Défense) est gardé à vue depuis vendredi dernier dans une cellule de la brigade des recherches de la légion du Littoral Douala 1er à Bonanjo.

A la suite d’un mandat d’arrêt pour « audition et compte-rendu » émis à son encontre par le procureur du Tribunal de première instance de Bonanjo,  cet employé a interpellé dans son lieu de service avant d’être placé en garde à vue. Les informations obtenues auprès des sources proches du dossier font état d’une plainte du liquidateur de la Commercial Bank Cameronn (Cbc) contre le nommé  Pierre Fosap.  Martin Luther Njanga Njoh reprocherait à ce dernier d’avoir coupé l’alimentation en eau dans l’immeuble siège de la Cbc depuis le 13 mai 2015. « Il s’est opposé physiquement au rétablissement de l’alimentation en eau de l’immeuble », a confirmé un cadre de la Cbc hier au téléphone.

D’après nos informations, la Cbc, nationalisée depuis janvier-février 2015, peine à honorer ses loyers. Le montant de ses arriérés serait de l’ordre de plus de deux milliards Fcfa et le bailleur (Ekitagroup) a déjà obtenu une décision du 18 décembre 2014 condamnant la Cbc à payer sur les arriérés de loyers dus à la fin du premier trimestre 2014 d’un montant de 930 millions FCFA, la somme de 780 millions FCFA nonobstant appel.

Ce à quoi l’administration provisoire refuse de se plier. « La Cbc est dans une situation qui nous oblige à attendre. L’immeuble dont il est question fait l’objet de palabres. D’une part Fotso Holding Group, devenu Ekitagroup, dit avoir acheté l’immeuble et donc que c’est à lui qu’il faut payer le loyer. D’autre part, la liquidation Bmbc, sur la base d’une décision de justice réclame également le loyer. Vous savez bien l’adage selon lequel qui paye mal paye deux fois », explique une source à la direction juridique de la Cbc.

Par ailleurs, pour ne pas régler l’ardoise, l’administration provisoire invoque le blocage des comptes d’Ekitagroup par le juge d’instruction du Tribunal criminel spécial, en septembre 2013, mais aussi la décision jugée illégale (en violation de la loi sur l’autorité de la chose jugée) du juge commissaire de la liquidation de l’ex-Bmbc de taxer les loyers alors qu’un autre juge commissaire sur requête du même co-liquidateur (Alphonse Soppo) avait rendu une décision validant le protocole d’accord relatif à la vente des immeubles en 1998.
 
Une source proche du dossier signale également que l’administration provisoire a introduit une demande d’annulation d’une augmentation du capital (la Cbc est actionnaire à hauteur de 13% de Ekitagroup SA) de 2010. Celle-ci a été « validée en son temps par l’administrateur provisoire et requête pour laquelle il a été débouté », précise, pour sa part, un informateur proche d’Ekitagroup.

En outre, le 19 mai dernier, dans une lettre dont l’objet est « mise en demeure du liquidateur Bmbc », l’administrateur provisoire de la Cbc exige la désignation d’un administrateur provisoire « remplissant les critères objectifs de bonne gouvernance » à la tête d’Ekitagroup, pour la conclusion éventuelle d’un nouveau contrat de bail.

« La dernière action en date de la Cbc, compte tenu d’un problème de rupture des canalisations dans l’immeuble siège de Douala survient du fait qu’avec la mise à l’écart de Yves Michel Fotso du management et du conseil d’administration, la rétention des loyers ne se justifiait plus, sauf à reconnaitre que la Cbc aurait de réels problèmes de trésorerie, face à la notification de Ekitagroup SA (le bailleur) à la Cbc de l’interdiction de payer directement ses prestataires par débit de ses dettes locatives. Cette dernière, au lieu de payer les loyers dus au bailleur afin que celui-ci assure le règlement des prestataires pour le bon fonctionnement des ascenseurs, pompes à eau, groupe électrogène, etc. n’a rien trouvé de mieux que d’obtenir de la gendarmerie ou/et du procureur de la République (les dirigeants de Ekitagroup SA n’ayant pas pu obtenir que leur soit présenté par les forces de l’ordre une convocation ou un mandat d’amener) que soit interpellé et gardé à vue depuis vendredi 22 mai le responsable de la maintenance de la société bailleresse », s’indigne une source proche d’Ekitagroup. Affaire à suivre.

 

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