Bassin du lac Tchad: Le plan de sauvetage

Des experts sont réunis à Yaoundé depuis hier pour réfléchir sur un programme de développement, en prélude à la réunion des ministres qui s’ouvre vendredi prochain. Une réunion extraordinaire du Conseil des ministres de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) s’ouvre vendredi prochain à Yaoundé. En prélude à cette rencontre, les experts examinent depuis hier le plan de développement et d’adaptation au changement climatique dudit lac.  L’enjeu tourne autour de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se tient à Paris à la fin de ce mois où les Etats membres de la CBLT se proposent  de poser les problèmes qui menacent la survie du lac. La session extraordinaire du Conseil des ministres est donc une réunion préparatoire pour peaufiner le document de plaidoyer à soumettre aux chefs d’Etat  des pays membres de la CBLT qui feront le déplacement de Paris. C’est ce document qui est appelé: Plan de développement et d’adaptation au changement climatique du lac Tchad. La mouture qui existe a été élaborée avec l’appui de la Banque mondiale. Il est question de l’enrichir pour proposer aux chefs d’Etat, un document validé par les ministres et dégageant une vue d’ensemble des pays membres.

Le Plan en examen ne sera pas seulement un document de mobilisation des ressources financières, mais aussi un outil de gestion et de réalisation du projet de réhabilitation du Lac, a prévenu Gilbert Didier Edoa, secrétaire général du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) qui ouvrait la réunion des experts. Il est question de refaire du Lac Tchad, un pôle d’activités économiques capable de contribuer de manière significative à la sécurité alimentaire de la région comme cela fut le cas il y a 50 ans. Car, il faut le souligner pour le déplorer, le Lac Tchad est aujourd’hui sinistré. En 1960, sa superficie était de 22 000 km². Aujourd’hui, il compte un peu plus de 8 000km² ! Le changement climatique a réduit la superficie d’eau avec des impacts évidents sur l’économie des pays riverains.

Le plan de sauvetage qui est en cours de validation intègre le projet de lutte contre l’ensablement mais aussi la gestion intégrée des ressources en eau pour lever la menace de disparition qui pèse sur le Lac Tchad. Le défi d’adaptation aux aléas climatiques demeure un grand challenge. De même, il faut éradiquer l’insécurité de l’heure pour mieux asseoir un développement durable, suggère le SG du Minepat. Le lac Tchad est le troisième lac mondial d’eau douce et le quatrième plus grand lac d’Afrique.