Banque camerounaise des Pme: Paul Biya passe de la parole à l’acte

Le ministre des Petites et Moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), Laurent Serge Etoundi Ngoa matérialise la promesse du chef de l’Etat faite le 11 janvier 2011 aux populations lors du Comice agropastoral d’Ebolowa.

La Banque camerounaise des petites et moyennes entreprises (Bc-Pme) a effectivement ouvert ses portes le 20 juillet à Yaoundé. Après l’octroie de l’agrément de la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac), suivi du déblocage de 10 milliards de francs Cfa par l’État, et de la désignation des responsables des organes délibérant et dirigeant, la structure camerounaise spécialisée dans le financement des Pme et de l’artisanat peut, dans les prochaines semaines, octroyer des prêts aux promoteurs d’entreprises.
Sur le terrain, tout est fin prêt : plan d’action, personnel, outils de travail, système d’information fiable, etc. Le ministre des Petites et Moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) tient donc à rassurer que toutes les mesures ont été prises pour assurer le bon fonctionnement de cette banque. Dans une interview accordée à la Cameroon radio and television (Crtv), le 21 juillet, Laurent Serge Etoundi Ngoa a indiqué que «même si

la Bc-Pme est une banque spécialisée pour les Pme, c’est d’abord une banque, car on a besoin, lorsqu’on va dans une banque de faire une opération ou de venir garder de l’argent ou alors savoir comment faire pour accéder au crédit». Et l’ancien député Rdpc du Mfoundi d’ajouter : «Les promoteurs des Pme doivent s’attendre à des réponses par rapport à leurs demandes. Ces réponses seront satisfaisantes si leur dossier satisfait aux conditions que la banque leur présentera».
En d’autres mots, les uns et les autres ne doivent pas perdre de vue le fait que la Bc-Pme SA., est avant tout une banque, qui donne des crédits, et qui doit se faire rembourser…Une façon simpliste de dire que sa survie dépendra de la qualité de ses clients. Car, il faudra sélectionner des projets fiables, bancables et matures. Des exigences qui ne sont pas encore des plus communes dans le petit entrepreneuriat au Cameroun. Et c’est à ce niveau que devra intervenir l’encadrement, à travers des institutions comme l’Agence de promotion des Pme.

Adjuvants
À ce sujet, le professeur des universités pense que la Bc-Pme est une face visible de l’iceberg puisqu’en accompagnement de tout cela, d’autres institutions ont été mises en place par le président de la République : la bourse de sous-traitance et de partenariat, les Centres de gestion agréé, l’Agence des Pme, le bureau national des mises à niveau et autres. « Ce sont des adjuvants salvateurs qui permettent à la Pme d’être formée, d’être capacité, d’être compétitive. Il faudrait que la Pme qui est passée par ces structures arrive à la Banque forte de son projet, un projet qui devrait être bancable et qui devrait très aisément affronter les conditionnalités que la banque lui oppose », a conclu le patriarche des Etoudi du Cameroun.
Dans la pratique, apprend-on, les Pme et les Pmi du secteur productif seront privilégiées, la particularité étant que cette banque offre des taux d’intérêts faibles qui ne dépassent pas 10%. Ils varient, précise une source, selon que l’on est pour le court, moyen ou long terme de 3 à 10%. Bien plus, les crédits sur le court terme sont remboursés en quelques mois, tandis que ceux à long terme devront être remboursés au bout de 5 à 7 ans.
Tout compte fait, la Bc-Pme s’avère être un moyen efficace pour mettre à contribution les potentialités des Pme, dans un contexte où la plupart des promoteurs des Pme au Cameroun éprouvent d’énormes difficultés à accéder à un crédit bancaire auprès des banques classiques, celles-ci exigeant généralement des garanties difficilement accessibles aux entrepreneurs locaux qui disposent de peu de ressources. Surtout qu’il est établi que les petites et moyennes entreprises à elles seules sont pourvoyeuses de plus de 50% d’emploi au Cameroun. Leur contribution au développement économique du pays et à la réduction de la pauvreté n’étant plus à démontrer.