Bafoussam: Toujours pas de lumière pour les frustrés du Bac F3

En attendant, certains ont repris le chemin de l’école; d’autres, encore à la maison, attendent la clarification des instances compétentes pour se décider.
Après un mois de classe, tous les élèves n’ont toujours pas répondu présents dans le chef-lieu de la région de l’Ouest. Notamment certains frustrés du baccalauréat F3, au sous centre d’examen du Lycée technique de Bafoussam Banengo. «Je suis encore au quartier, je n’ai pas encore repris les classes, mais certains de mes camarades qui étaient dans la même situation que moi, ont déjà rejoint les bancs», confie l’un d’eux joint au téléphone ce jeudi 8 octobre 2015. Comme ce dernier, plusieurs de ses camarades d’infortune vadrouillent toujours dans leur quartier en scrutant le ciel. Dans l’espoir que le mystère soit levé sur ce qui se présente de plus en plus comme leur échec au Baccalauréat F3. Ils étaient en effet inscrits au sous-centre d’examen du Lycée technique de Bafoussam Banengo qui avait au total enregistré 76 candidats pour cet examen. Des sources concordantes, 75 d’entre eux, ont effectivement pris part à l’examen. Soit un absent, en la personne de Jean Claude Mandja qui entretemps, aurait décroché un concours pour intégrer un corps de l’armée camerounaise. Les questions  commencent à surgir lorsque, contre toute attente, le nom de ce candidat, dont l’absence lors des épreuves écrites, aurait même été constatée par le chargé de mission, figure curieusement parmi les 61 admissibles de ce sous-centre d’examen. Par quelle alchimie celui-ci s’est-il retrouvé parmi les admissibles? Mystère. Seulement la suite va révéler d’autres incongruités. Le 15 juillet 2015, les admissibles sont convoqués pour passer les épreuves pratiques. Après la première journée consacrée à l’épreuve d’« Essais et Mesures », les candidats dont les noms figuraient sur la listes des admissibles sont stupéfiés de constater qu’en plus d’eux, même les 15 recalés ont été convoqués pour la seconde journée. Sauf que, seuls 13 se présenteront.  Puis vint le grand jour. Le 24 juillet 2015, les résultats définitifs signés du Dr Marie Annie Etoh, présidente du jury du centre d’examen (dans l’Extrême-Nord) où se sont faites les délibérations du sous-centre du lycée technique de Banengo, sont affichés. Le même jour, elle appose également sa griffe sur une autre liste dite «additive aux admissibilités», comportant uniquement les noms des 15 candidats convoqués au deuxième jour des épreuves pratiques. Et parmi ces 15, 13 sont sur la liste définitive. Deux des précédents recalés, ont même la mention «Bien» dont la meilleure moyenne nationale. Sur cette liste définitive d’admis de 61 noms, 13 candidats figurant sur la première liste d’admissibles n’y figurent plus. Ce qui est possible si d’aventure, ceux-ci ont mal travaillé lors des épreuves pratiques. Mais ce qui semble étonnant, c’est la curieuse coïncidence liée au fait que l’intégralité des 13 retenus sur la liste additive, soient définitivement admis et que par contre, 12 figurant sur la première liste d’admissibilité aient échoué. Pour ces derniers, cela sent du tripatouillage. Ils crient à l’injustice. Les démarches entreprises sur le plan local à l’effet d’avoir ample explications n’ont jusque-là pas prospéré. Joint au téléphone peu après ce scandale, le proviseur du lycée technique de Banengo a réfuté toute  responsabilité qui serait sienne dans ces manœuvres louches. Pour lui, il faut soit se référer au centre de Maroua où les délibérations du sous-centre du lycée technique de Banengo se sont déroulées, soit se rapprocher de l’office du baccalauréat du Cameroun (Obc). Mais depuis, cette institution brille par son mutisme. De même que le ministère des Enseignements secondaires (Minsec). Aussi, les requêtes déposées à la Conac et au Minsec, restent sans suite.

A suivre!