Bafoussam : Tenue non conforme

Bafoussam : Tenue non conforme

Les candidats au recrutement militaire ont été renvoyés parce qu’on les trouvait mal habillés.

La règle n’est prévue nulle part. Pourtant, elle est appliquée avec rigueur. Il faut mettre une tenue jugée décente pour être reçu dans la majorité des services administratifs de la ville de Bafoussam. «Dès que je suis entré dans son bureau, il a d’abord contrôlé ma tenue avant tout. C’est lorsqu’il a dit bonne tenue conforme, qu’il s’est mis à regarder si mon dossier l’était aussi pour le signer», raconte devant ses amis Jacques K., qui vient de sortir des services du gouverneur.

Les candidats aux différents examens officiels et concours d’entrée dans l’armée qui écument les services publics le constatent à leurs dépens. Aux services du gouverneur, à la préfecture comme à la légion de gendarmerie, il y a un fonctionnaire qui de manière régulière, fait le guet pour extraire des rangs les candidats qui, selon lui, arborent des tenues indécentes. Ceux qui réussissent à franchir les mailles du contrôleur à l’extérieur, sont repoussés dans les bureaux par des fonctionnaires qui d’un air supérieur, disent aux candidats : «désolé, vous serez reçu la prochaine fois si vous êtes bien vêtu»

Venue de Douala depuis le Week end pour déposer ses dossiers afin de concourir avec l’ambition d’obtenir une place dans l’armée, Nadine T. a subi les affres de cette rigueur du contrôle vestimentaire. «Le lundi, on a jugé que ma tenue était inappropriée. On m’a aussi repoussée avec la deuxième tenue que j’ai mise le mardi. Comme je n’avais effectuée le déplacement qu’avec deux tenues, je me suis retrouvée obligée de demander qu’on m’expédie de l’argent pour que j’aille au marché me procurer d’une nouvelle tenue. J’espère qu’avec celle-là ils vont me laisser passer maintenant », ditelle.

Approchés, les employés de ces services, laissent entendre qu’il s’agit d’une instruction donnée par le gouverneur de la région de l’Ouest. Aux services du gouverneur, on se montre plus évasif en clamant que l’instruction vient de Yaoundé.

camernews-bafoussam

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