Bafoussam: Le régional de la communication défie le préfet

Il s’est précipité de fermer des stations de radio en fin de semaine dernière, alors que le préfet n’était pas de cet avis.

«Le secteur des médias est un secteur assez sensible. Avant de t’engager à la fermeture d’une radio, rassure-toi que l’action que tu mènes n’est pas isolée et qu’elle est diligentée par ta hiérarchie ». C’est en conseiller que Joseph Tangwa Fover parlait à Simon Ekolle Penda, il y a quelques mois. C’est que,  approché par le patron de communication pour l’Ouest à l’effet d’obtenir des hommes en tenue pour des descentes musclées dans certaines stations de radio émettant à partir Bafoussam, le préfet de la Mifi avait voulu davantage comprendre les contours de l’opération en gestation, en convoquant les parties prenantes à une réunion. Au sortir de celle-ci, après avoir écouté tout le monde, Joseph Tangwa Fover s’était voulu prudent en conseillant au délégué régional de la communication de surseoir son projet. Simon Ekolle Penda vient de l’envoyer paitre. Contre toute attente, il est descendu jeudi 5 novembre dernier, accompagner de son personnel et d’une dizaine de policiers dans l’intention d’apposer des sceller dans trois structures : Radio star, Radio universitaire Tankou (Rut fm) et Radio Bonne nouvelle. A Radio star, le collaborateur de Issa Tchiroma Bakary a profité de l’absence des responsables de la structure pour apposer ses scellés. « Je faisais des courses en ville quand j’ai reçu un coup de fil du délégué (de la communication) qui m’informait qu’il vient de me sceller», confie Ahmed Biko, l’un des responsables. Si la première opération s’est passée sans anicroche, la seconde elle n’ira pas jusqu’au bout. Car, après des échanges houleux avec les responsables de Rut fm, Ekolle Penda et ses hommes vont rentrer la queue entre les jambes. Toutefois, ils réussiront à se consoler en scellant Radio Bonne Nouvelle.

Si certains responsables de structures scellées accusent ouvertement le délégué régional de la communication d’être flou dans ses revendications, Simon Ekolle Penda lui, croit être pourtant clair. «Aucune de ces radios n’a de documents qui lui permettent de fonctionner», confie-t-il. Faux ! rétorquent les responsables de structures scellées qui disent avoir constitué des dossiers déposés au ministère de la communication depuis plus de dix ans et qui n’ont jamais été rejetés.

Indignées par cet autre agissement qui corrobore la volonté dévoilée de Simon Ekolle Penda depuis son arrivée à l’Ouest, de rendre la vie dure aux médias privés, les membres de section Ouest du syndicat national des journalistes du Cameroun (Sjnc) sont allés à la rencontre de ce dernier pour lui signifier l’illégalité et l’arbitraire de son action.