Bachir Ndam: « Mon roman raconte mon histoire »

écrivain, auteur de quatre ouvrages publiés aux Editions Edilivre

Vous êtes l’auteur de quatre ouvrages, dont trois romans. Comment avez-vous géré cette masse de travail ?
Je présente quatre ouvrages publiés il y a deux ans à Paris chez Edilivre. Le premier ouvrage est un roman, mon premier, intitulé : « Dans les entrailles de la chambre silencieuse… ». Au départ, je suis un auteur d’essais. En tant qu’écrivain et observateur de la société, j’ai été témoin de faits qui m’ont poussé à écrire l’histoire d’une héroïne, née dans un foyer polygamique au climat dévastateur, puis mariée dans un foyer polygamique. Mon deuxième roman m’a été inspiré de ma vie personnelle. Un 29 février, j’ai été victime d’un accident à domicile et qui me maintient jusqu’aujourd’hui sur ce fauteuil roulant pour paraplégique. Quand j’ai retrouvé mes forces, j’ai raconté mon histoire pour faire comprendre aux autres que malgré un handicap on peut continuer à vivre, si on a cette détermination pour se battre. Le vécu d’autres personnes qui ont subi la même chose que moi, m’a amené à me convaincre que, si les autres ont pu y arriver, pourquoi pas moi ? C’est ainsi qu’est né le roman « Survivre pour revivre… ». Après ce livre, j’ai voulu continuer ma réflexion sur le handicap, avec « Revenons vers l’avenir » qui parle de problèmes auxquels sont confrontées les personnes handicapées, comme la non-application des normes d’accès aux édifices publics.
Comment avez-vous vécu la rédaction de ces romans sur votre handicap ?
L’écriture de ce livre a suscité en moi beaucoup d’émotion. Je l’ai écrit avec le recul, un an plus tard, avec objectivité et vérité des faits. L’idée me vient alors que je suis en Afrique du Sud pour me faire opérer à nouveau, après l’intervention manquée à Douala. Je regardais un documentaire sur un Sud-Africain devenu handicapé à 28 ans, abandonné par son épouse, mais qui malgré tout parvient à se battre. Etant dans la même situation, car mon épouse m’avait aussi quitté, j’ai su que je pouvais y arriver. En plus, j’avais déjà des expériences littéraires depuis 2005, notamment « Souffrir pour comprendre » paru en 2007.