Axe Marché Essos- Terminus Mimboman : la route des mauvaises affaires

Usagers de la route et commerçants de cette partie de Yaoundé ressentent un certain malaise à cause du mauvais état de la chaussée. Des commerces n’attirent pas grand monde, quand ils ne sont pas tout simplement contraints de fermer.

Nous sommes sur l’axe reliant le marché Essos au quartier Mimboman, dans l’arrondissement de Yaoundé Vème. Une piétonne et un chauffeur de taxi se disputent parce que l’automobiliste aurait éclaboussé la dame à l’entrée du marché. Non loin de là, au beau milieu de la chaussée, deux automobilistes en sont venus aux mains.  A force d’éviter les nids de poules, ils ont eu un accident. La bagarre départagera lequel des deux a tort. Simple ironie…

Des scènes comme celles-ci, on en voit tous les jours sur le tronçon routier du marché Essos. En cause, l’étroitesse et le mauvais état de la route. Ici, quelle que soit la saison, usagers de la route et commerçants ressentent un malaise. « Vous-même regardez la chaussée. Elle est bitumée à certains endroits et pas à d’autres, avec les bosses et les trous ! En saison sèche, c’est la poussière que nous subissons. En saison de pluie, c’est la boue, les flaques d’eau… Bref c’est toujours sale ici. Même les clients  fuient le marché à cause de l’aspect répugnant des lieux», se plaint une commerçante, qui confirme par la suite que beaucoup de boutiques dans le coin ont mis la clé sous la porte parce que les affaires ne marchaient pas.

« Si moi-même je pouvais, je partirais parce qu’ici, tu ne peux pas sereinement exposer la marchandise sur les étals. Si ce sont des vêtements, ils vieillissent et défraîchissent avec le temps et aucun client ne peut accepter de les prendre dans cet état, même au prix d’achat ! C’est vraiment énervant ! Il faut que le gouvernement fasse quelque chose pour résoudre le problème», rechigne la commerçante.

En plus d’être étroit, ce tronçon présente d’énormes nids de poule.  En saison pluvieuse, l’eau se déverse sur la voie et y stagne. Et ça dure depuis des années. La situation ne semble pas se décanter, puisque selon un riverain, le trafic routier dans la zone est très intense. « Pas moins d’une centaine de véhicules et d’usagers empruntent ce tronçon chaque jour. C’est aussi comme ça que l’état de la route empire. Si vous regardez bien, vous verrez qu’aux abords de la route, là où il y a encore un peu de bitume, ça se fissure. Et quand ça devient grave, on vient verser la terre sur toute la route pour fluidifier la circulation, sinon, les embouteillages créent de longues files », décrit-il.

Du côté des usagers de la route, le constat est presqu’aussi alarmant. Les nids de poule qui se déploient sur la majeure partie du tronçon routier font galoper les passagers à bord. Ceux qui vont à pied rasent les murs pour éviter de croiser un véhicule, puisqu’il n’existe aucune frontière entre la chaussée et le trottoir. Quant aux automobilistes, ils payent les frais à chaque passage sur ce tronçon routier, surtout si leurs véhicules ne sont pas assez hauts pour supporter la profondeur des trous. Ainsi va la vie au marché Essos, de jour comme de nuit, et au fil des saisons.