Aux origines du Franc CFA….

Depuis sa création en 1945, la monnaie utilisée par quatorze pays africains membres de la zone Franc, a traversé des époques.

C’est le 26 décembre de l’an 1945 que le Franc CFA voit le jour. La France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire africain. Cela fait donc exactement 70 ans que la monnaie commune à quatorze pays africains membres de la zone Franc existe. A sa création, le sigle « F CFA » renvoie à « Franc des colonies françaises d’Afrique ».  Dénomination qui changera par la suite pour devenir « franc de la Communauté financière africaine » pour les Etats-membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA). La zone regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Au sein des pays-membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) où on retrouve le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, le F CFA utilisé signifie plutôt « Franc de la coopération financière en Afrique centrale ». Durant sept décennies, la monnaie qui est aujourd’hui objet de toutes les critiques, a subi de nombreuses évolutions.

Bien qu’il ait la même valeur par rapport à l’euro, le FCFA utilisé en Afrique de l’Ouest n’est pas le même que celui qui circule en Afrique centrale. Depuis 1993, les billets CFA de la zone UEMOA ne sont pas échangés dans la zone CEMAC. La décision de non rachat réciproque des billets des deux zones a été prise dans un contexte de crise. «C’était la détresse financière, caractérisée par la surévaluation de la monnaie. Les citoyens de ces deux zones anticipaient ce phénomène. Il y avait comme une espèce de fuite devant le Franc CFA, pour se réfugier à l’extérieur. Ces billets étaient transférés par valises et par containers, je n’exagère rien du tout, en France », explique Charles Konan-Banny, ancien gouverneur de la BCEAO. Et d’ajouter : « A l’époque, la parité étant ce qu’elle était, nous avions l’obligation de racheter ces billets auprès de la Banque de France ». Un comportement qui n’est pas sans effet sur les économies des deux zones qui doivent racheter ces billets en devises. « Quand j’étais gouverneur de la BCEAO dans les années 1991, 1992,1993, chaque jour, nous rachetions pour un milliard de FCFA de billets », ajoute Charles Konan-Banny pour illustrer l’ampleur des pertes causées, notamment sur les comptes d’opérations ouverts auprès du Trésor français.

Des discussions seraient en cours à l’effet de restaurer l’interchangeabilité entre ces deux monnaies. Mais d’ici à ce qu’elles aboutissent, les critiques sur le FCFA et le débat sur la zone Franc ne sont pas prêts de s’épuiser. C’est toujours l’histoire de la monnaie qui s’écrit.