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Assemblée nationale : séance de maraboutage au cabinet de Cavaye

Assemblée nationale : séance de maraboutage au cabinet de Cavaye

Le président de l’auguste chambre a nommé de nouveaux collaborateurs, avant de rapporter la décision une semaine plus tard.

Le 7 juillet dernier, le président de l’Assemblée nationale (Pan), Cavaye Yeguie Djibril, prend un arrêté nommant de nouveaux responsables dans son cabinet. Ils sont ainsi une quinzaine, allant du chef de bureau au sous-directeur, qui prennent fonction le 11 suivant du même mois. L’acte inclut les avantages de toute nature tels que prévus par la règlementation en vigueur.

Les heureux élus ont, pour leur intronisation, engagé de lourdes dépenses afin de recevoir parents, amis et connaissances. Jusque-là, rien que du très normal. Mais contre toute attente, jeudi 15 juillet 2014, le même Cavaye fait coller, au babillard de son cabinet, un autre arrêté annulant celui pris une semaine avant. Aucune explication supplémentaire n’est apportée à ce revirement.

Dans les couloirs du Palais de verre, c’est la consternation depuis lors. Personne ne s’explique la volte-face du non moins lamido de Mada (Extrême-Nord). Cavaye Yeguie Djibril, troisième personnalité du Cameroun, aurait-il agi contre son gré ? Abonné aux entorses à la moralité, fervent pratiquant d’un népotisme ostentatoire et triomphant, le Pan ne semble pas à une frasque près.

Jadis cité dans une affaire de voitures d’occasion dérobées au Nigeria et dont une partie fut retrouvée dans son parking à Tokombéré, des élites du septentrion, à l’époque, avaient exigé la démission toutes affaires cessantes du maître d’éducation physique, marié à quatre femmes et père d’une multitude d’enfants. Fâché avec la gouvernance, il a abondamment promu la famille à son cabinet, intervenant ailleurs pour placer, en grand nombre, des ressortissants de son département dans les grandes écoles.

Mais l’homme, au perchoir depuis mars 1992, sait rebondir même lorsqu’on le croit sonné. Après avoir essuyé un refus sec du président Biya lorsqu’il voulut migrer vers le Sénat, il reprit sa place dans les rangs lors des dernières élections législatives. Le chef de l’État, magnanime, avait passé l’éponge sur ce flagrant acte de haute trahison et le laissa même reprendre sa place à la présidence de la désormais Chambre basse.

Mais tout ceci n’empêche point Cavaye Yeguie Djirbril, en dépit d’imprécations lyriques de circonstance, d’être soupçonné de connaître au moins quelqu’un qui connaît ‘quelqu’un proche des réseaux de la secte islamiste nigériane Boko Haram. Au-delà de l’affront qu’il vient de faire subir à des collaborateurs qui n’avaient rien exigé et qui ne demandaient qu’à servir l’institution parlementaire, le Pan est également attendu – en terme de clarifications – sur ces rumeurs d’atomes crochus avec le mouvement terroriste qui fait des morts, commet des viols en série et prend des otages en échange de fortes rançons. Un business du crime organisé qui a le vent en poupe de la frontière avec le Nigeria.

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