Assassinat Du Meurtrier De Claude Verlon Et Ghislaine Dupont : La France Doit Se Garder De Tout Triomphalisme

Il était l’une des principales cibles de l’armée française depuis le lancement de l’opération militaire Serval en janvier 2013. Abdelkrim al-Targui, de son vrai nom Hamada Ag Hama, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été tué lors d’un raid des militaires français dans l’extrême Nord-Est du Mali. Selon le ministre français de la Défense, quatre autres djihadistes ont été assassinés au cours de cette même opération. Alors, qui est Abdelkrim al-Targui ? Ce Malien, membre de la communauté touarègue, était quasiment impliqué dans presque tous les enlèvements de ressortissants français dans le Nord-Mali. D’abord, Michel Germaneau, enlevé en 2010 au Nord du Niger puis assassiné, dit-on, par Targui lui-même. Ensuite, vint le tour de Serge Lazarevic et Philippe Verdon qui, en novembre de la même année, tombaient dans les serres d’Abdelkrim al-Targui. Si ces deux derniers ont eu la chance d’être relâchés en octobre 2013, tel ne fut pas le cas des deux journalistes français, Ghislain Dupont et Claude Verlon, enlevés et assassinés 30 minutes plus tard à 12km de la ville. Quatre jours plus tard, alors que le monde entier était encore sous le choc, Abdelkrim al-Targui revendiquait ces assassinats. Dès lors, on comprend pourquoi les forces spéciales françaises présentes au Nord-Mali, étaient aux trousses de l’homme. Car il était devenu pour les Français ce que Ben Laden, de son vivant, était pour les Américains c’est-à-dire un homme à abattre à tout prix. Et c’est désormais chose faite. La lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine Reste maintenant à savoir comment réagiront les djihadistes dans les jours à venir. Car avec ces fous d’Allah, il faut s’attendre à tout. Ils peuvent se refaire des forces et frapper là où on les attend le moins. On l’a vu d’ailleurs au Nigeria où l’assassinat du père fondateur de Boko Haram, Muhammed Yussuf, semble avoir donné plus de tonus au mouvement islamiste qui, par ses actions spectaculaires, a réussi à polariser l’attention du monde entier. C’est pourquoi, la France devra donc se garder de tout triomphalisme. Certes, elle a réussi à décapiter la Katiba al-Ansar que dirigeait Abdelkrim, mais elle n’a pas encore défait le mouvement. Une autre tête plus redoutable pourrait bientôt sortir de l’ombre. Peut-être même qu’au moment où vous parcourez ces lignes, c’est déjà chose faite. C’est dire que les forces spéciales françaises doivent poursuivre leur opération de ratissage dans le septentrion malien, jusqu’à ce que soient démantelées toutes les cellules jihadistes dormantes. Du reste, le temps mis pour venir à bout de Abdelkrim al-Targui est la preuve, s’il en est, que la lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine. Et la France le sait mieux que quiconque ! Abdelkrim était un gros et féroce chacal qui en cache bien d’autres.