camernews-Tract-Marafa

ASSASSINAT DE MME SOPPO : TROIS AUTRES SUSPECTS INTERPELLÉES À YAOUNDÉ

ASSASSINAT DE MME SOPPO : TROIS AUTRES SUSPECTS INTERPELLÉES À YAOUNDÉ

Détenus à la Police judiciaire, les enquêtes ont révélé qu’ils ont été en possession du téléphone de la secrétaire de Marafa peu après son meurtre.

Le téléphone disparu de Mme Christiane Soppo Mbango, que la police avait localisé, reste à ce jour la seule piste dont les enquêteurs disent disposer. Le 18 septembre dernier, des officiers de police judiciaire ont effectué une descente à l’Avenue Kennedy, une place commerciale de Yaoundé. Celleci a été ordonnée par le juge d’instruction du Tribunal de grande instance du Mfoundi, Vincent de Paul Noah, après l’audition à deux reprises de Victor Muvandimwe, présenté jusqu’ici comme l’assassin présumé de Mme Soppo. Le jeune rwandais avait été interpellé en possession du téléphone qu’a utilisé Mme Soppo avant son meurtre.

En effet, pour mener l’opération de l’Avenue Kennedy, le juge d’instruction a demandé l’extraction de prison de Victor Muvandimwe qui a affirmé qu’il s’est procuré le téléphone dans ce lieu où prospère la vente, dans le marché informel, de divers produits électroniques, parmi lesquels des téléphones portables de diverses marques. Sorti de prison ce 18 septembre là dans la matinée, Victor qui avait été prévenu la veille, s’est engouffré dans une voiture banalisée où se trouvaient des policiers en civil.

Dans le véhicule, le mode opératoire lui a été expliqué. Arrivés sur les lieux, Victor et un des policiers en civil se sont dirigés à l’endroit où il a dit avoir acheté le fameux téléphone. Les vendeurs de téléphone de l’Avenue Kennedy appellent cet espace d’à peine 4 mètres carrés « Chefferie », situé juste à côté de l’ancien poste de police, à l’entrée de l’ancien immeuble Shell. Victor conduit le policier devant le comptoir où il s’était procuré le téléphone. Le jeune garçon reconnait aussitôt ceux qui lui ont vendu le téléphone.

Agent de la voirie municipale

Le policier se présente aux vendeurs comme un client emmené par Victor qui souhaite également se procurer un téléphone du même type que celui qu’ils ont vendu à Victor. Flattés, le démarcheur et celui qui a procuré la marchandise à Victor se rappellent avoir vendu un téléphone à Victor il y a quelques mois. Ils se souviennent même avoir aidé Victor à changer en FCfa les dollars qu’il avait en poche pour les payer. C’est alors que le policier se présente et révèle son identité. Les deux commerçants n’ont visiblement rien vu venir. Ils sont pris dans un engrenage. Aidé par ses collègues (en civil et en tenue) qui avaient discrètement quadrillé le lieu, le policier qui accompagnait Victor peut procéder à l’arrestation de ces deux commerçants.

Victor est ramené à Kondengui. Un autre véhicule se charge de transporter les commerçants interpellés à la direction régionale de la Police judiciaire du Centre (Drpj) où ils sont gardés à vue. Lors de leur interrogatoire, ces deux commerçants ont fait savoir que c’est un agent de la voirie municipale de Yaoundé qui leur a initialement vendu le téléphone, qui a été en réalité revendu à Victor. L’identité de cette personne est révélée aux enquêteurs. La police ne parvient pas à mettre la main sur lui après deux descentes à la voirie municipale. Il est finalement repéré et interpellé le 24 septembre à Mimboman. Cet agent de la voirie municipale est également gardé à vue.

Plusieurs puces

A partir de l’Imei du téléphone de Mme Soppo et de l’interrogatoire de l’agent de la voirie municipale, la police découvre qu’il y a plusieurs puces téléphoniques qui ont été insérées dans le téléphone de Mme Soppo, après sa mort. Les compagnies de téléphonie mobile sont mises à contribution. L’on découvre alors qu’une puce Orange a été introduite dans le téléphone de la secrétaire de Marafa le 28 janvier 2014, c’est-à-dire trois jours seulement après la découverte de son corps sans vie. Victor Muvandimwe qu’on a retrouvé en dernier avec le téléphone de Mme Soppo et qui a été placé sous mandat de détention provisoire à Kondengui, lui, avait pourtant inséré sa puce pour la première fois le 31 janvier au soir tel que l’a attesté le listing de ses appels. La police réussit alors à obtenir de la compagnie de téléphonie Orange le numéro de téléphone de la personne qui a introduit sa puce ce 28 janvier là, bien avant même que Victor ne possède le téléphone. A ce jour, ce quatrième suspect est toujours recherché.

En attendant, Victor, 21 ans, reste le seul détenu à Kondengui dans le cadre de cette enquête. Cet ancien élève du collège Vogt, reçu en août dernier au baccalauréat D avec la mention Assez-bien n’a pu présenter le concours d’entrée à la Faculté de médecine des sciences biomédicales de Yaoundé qui a eu lieu vendredi dernier, 26 septembre. Il s’était pourtant inscrit au cours de préparation à ce concours deux jours avant son arrestation. Avec l’espoir de sortir de prison avant la date fixée pour ce concours, Victor, qui a toujours clamé son innocence, passait ses journées en prison à traiter les anciennes épreuves. D’après des sources internes à la prison, Victor recevait les corrections de ces épreuves qui lui permettaient de voir ses lacunes et de s’améliorer. Il vit très mal le fait d’avoir loupé ce concours.

 

 

camernews-Tract-Marafa

camernews-Tract-Marafa