Assassinat de Mgr Bala, naufrage du Mundemba : peuple du Cameroun, donne tout ça à Dieu !

Décidément funeste ce deuxième trimestre de l’année 2017 au Cameroun. Après la mort inexpliquée de Mgr Jean Marie Benoit Bala en mai dernier, c’est le naufrage du Mundemba, un bâtiment logistique du Bataillon d’intervention rapide (Bir) Côte qui est venu endeuiller le 16 du mois courant, la nation camerounaise.

Et nous passons avec peine et compassion sur les nombreux anonymes dont les obsèques et les programmes d’inhumation sont lus sur les ondes des nombreuses radios qui, depuis 1990, année de la libéralisation de la communication sociale, émettent jour et nuit dans les villes et les campagnes du pays. Et le peuple s’interroge : que nous arrive-t-il ? Comment comprendre que dans ce pays où on prie tant de dieux, des gens aient pu concevoir, préméditer et réaliser sans hésiter, l’assassinat d’un évêque ? Comment expliquer et convaincre que le Cameroun est encore ce pays de paix, de convivialité et de fraternité qui a, depuis de longues années, sacralisé le religieux ? Que d’hommes de Dieu tués en si peu d’années sans qu’on puisse établir qu’il y a une guerre de religions !

Que se passe-t-il donc ? Qu’est ce qui explique que tant de prêtres catholiques soient devenus la cible de tueurs déterminés ? Une plainte contre X a été déposée. Elle oblige le parquet de la République à faire rechercher les auteurs du crime. Les rechercher, les interpeller et les traduire devant des juges qui devront les punir conformément aux lois en vigueur. Franchement, n’est-ce pas rêver beaucoup ? Tout cela n’est-il pas trop lourd sur les seules épaules frêles du parquet ? Fallait-il vraiment porter plainte contre X ? Qui est X ? Qui se cache derrière X ? Ne fallait-il pas laisser à Dieu la charge de cette enquête, de la rétribution et de la vengeance ? Au demeurant, Dieu omniscient lui, mieux que le parquet, sait qui est X. Ne faut-il pas retirer cette plainte pour accélérer la sanction divine ? Confions donc le cas de Mgr Jean Marie Benoit à Dieu ! Il saura lui-même punir X. La punition que Dieu lui infligera dépassera celle de Sodome et Gomorrhe.

L’ironie du sort veut donc que ceux qui ont frappé l’Evêque de Bafia aient pu agir dans le pays du Bir

La  punition sera telle que X enviera assurément le sort des Egyptiens à qui Dieu a infligé sept plaies terribles. Comment expliquer qu’on puisse perdre sa vie en servant son pays? Les 34 occupants civils et militaires du bateau logistique du Bir-Côte voulaient juste servir leur pays. Ils étaient en service. Faut-il rappeler que grâce à des compatriotes comme ceux que nous pleurons aujourd’hui, nous pouvons dormir la nuit d’un sommeil profond. Nous pouvons aller et venir, du nord au sud, de l’est à l’ouest sans crainte. Grâce à eux, le Cameroun offre à tous ses fils et à toutes ses filles, un cadre d’épanouissement en nette amélioration des  conditions de sécurité. Recommandons donc à Dieu les âmes de ces vaillants soldats. Lui seul, dans son infinie miséricorde, saura rétribuer des hommes qui sont tués lâchement dans l’exercice de leur fonction par une mer en furie. L’ironie du sort veut donc que ceux qui ont frappé l’Evêque de Bafia aient pu agir dans le pays du Bir, du GSO, des Esir, du Gipgn, etc. Sans crainte de rien, même pas du Bir. Nous aurions pourtant tant aimé que les assassins de Mgr trouvent sur leur chemin les éléments du Bir ou quelque autre force de sécurité. Mgr Bala serait peut-être encore en vie. Quel funeste contraste ! Peuple du Cameroun, parle ! Exprime-toi! Des confins du Logone dans l’Extrême-nord jusqu’aux cataractes du Ntem dans le Sud, dis ta prière ! Dès l’aube, dis tes laudes! Au crépuscule de tes journées, sonne l’Angélus ! Dieu, assurément, t’écoutera et t’exaucera !