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Article de Fanny Pigeaud : La contre-attaque de Jeannette Marafa

Article de Fanny Pigeaud : La contre-attaque de Jeannette Marafa

L’épouse de l’ex-Minatd a écrit un droit de réponse à Mediapart où elle dément toute implication de son mari à une insurrection armée au Cameroun.

Seulement trois jours après la publication de l’article de Fanny Pigeaud, du nom d’une journaliste française, sur Mediapart, accusant Marafa Hamidou Yaya d’être impliqué dans une rébellion visant à déstabiliser le Cameroun, l’épouse de l’ex-Minatd, depuis son asile de France a réagi. Elle a écrit le 29 août dernier, un droit de réponse à ce média en ligne.

Elle s’adresse directement à l’auteur de l’article abondamment relayée par la presse camerounaise en fin de la semaine dernière. « Madame, Je tiens à vous faire part de mon atterrement face aux accusations extrêmement graves que vous portez contre mon mari Marafa Hamidou Yaya dans votre article du 26 août publié sur médiapart.fr. Vous l’accusez explicitement d’ »orchestrer » une rébellion contre le régime de Paul Biya en soutenant et en instrumentalisant Boko Haram dans le Nord du Cameroun, et accessoirement d’avoir détourné des fonds publics pour servir cet objectif », commencet-elle.

Au-delà de son « atterrement », Jeannette Marafa dit avoir constaté que la journaliste s’appuie « sur des bruits pour lancer des accusations de cette ampleur ». Pour elle, Fanny Pigeaud fait preuve de « manque d’honnêteté journalistique et intellectuelle inqualifiable ».

Changement sans violences

L’épouse de l’ex-Minatd ne se contente pas de critiquer l’article de la journaliste. Elle déploie également un argumentaire, question de le démonter et tenter d’exposer ses insuffisances. « Le plus grave est que la réalité factuelle vous contredit sur tous les points. En substance, cette réalité est la suivante : depuis son arrestation, Marafa publie régulièrement dans la presse camerounaise des lettres ouvertes appelant à un changement sans violence et sans troubles, dans le respect des mécanismes institutionnels inscrits dans la constitution ; dans ces mêmes lettres, loin d’encourager les divisions et d’attiser les mécontentements, il plaide pour la création d’une société de confiance, qui ne soit plus dominée par le tribalisme et la paranoïa ».

S’agissant de Boko Haram justement, elle est allée chercher dans les prises de position de Marafa pour expliquer qu’il a eu à condamner ces exactions : « Il a, dans la presse nationale et internationale, et le plus récemment dans une tribune publiée par Le Monde, dénoncé dans les termes les plus fermes l’extrémisme et Boko Haram en particulier et proposé une stratégie pour leur faire barrage ».

Jeannette Marafa a profité de cette tribune pour dire à Fanny Pigeaud qu’en écrivant cet article avec autant de légèreté, en désignant Marafa comme étant un soutien à une rébellion, la journaliste a mis la tête de son mari à prix. Aussi rappelle-t-elle que l’assassinat de Mme Soppo, l’ex-secrétaire de son mari en janvier dernier rentre dans le cadre d’une volonté de faire taire définitivement Marafa. Mais la plus grande crainte de Jeannette Marafa, c’est que cet article puisse contribuer à discréditer son mari devant l’opinion publique.

Son mari, selon elle est l’une des personnalités « à même de mettre le Cameroun sur le chemin de la confiance et du changement, un homme qui a eu assez de courage et d’intégrité pour, se sachant innocent, refuser les arrangements qui lui auraient permis de rester libre ». C’est dire que Mme Marafa s’occupe en France où elle vit désormais, de ses trois enfants, mais aussi de l’image de son mari de prisonnier. Avec ses méthodes.

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