camernews-Pius-Ottou

Après la mort de son mari… L’épouse de Pius Ottou en veut au RDPC

Après la mort de son mari… L’épouse de Pius Ottou en veut au RDPC

L’économiste diplômé des Universités françaises est mort lundi 24 mars 2014, peu après 3 heures du matin, à l’hôpital Jamot de Yaoundé. Son épouse dénonce l’indifférence du régime que le défunt a servi avec conviction, abnégation et enthousiasme.

Le Professeur Pius Ottou aurait pris le vol hier lundi à 22 heures à destination de Paris en France, si le sort n’en avait pas décidé autrement. L’éminent enseignant d’économie était en effet attendu hier lundi matin à l’Ambassade de France pour y subir un entretien en compagnie de son médecin, avant de se voir délivrer le dernier document de mise en route pour son évacuation sanitaire. Car depuis son hospitalisation le 24 janvier dernier, les démarches engagées par sa famille auprès des autorités politiques pour le faire soigner en Europe n’ont pas toujours trouvé une issue favorable. «Nous avons été lâchés par les autorités. J’ai appelé à la présidence où on m’a dit d’attendre. Après on m’a envoyée ici et là dans les administrations pour me perdre le temps. Finalement, le régime n’a rien fait pour aider mon mari. Alors qu’il criait ses louanges tous les jours dans les médias. Il n’y a que Penda Ekoka qui a été avec moi jusqu’à 22 heures dimanche à l’hôpital», se plaint Eveline Ottou, l’inconsolable épouse du défunt.

Allongée sur un matelas disposé à même le sol, au domicile familial situé au quartier Anguissa (Lieu dit Eglise Baptiste) à Yaoundé, lundi 24 mars 2014, peu après 12 heures, la veuve est de temps à autre consolée par sa fille unique. «Ce sont les amis de mon mari de la diaspora qui ont pris tout en charge. Nous détenions le ticket numéro 07 pour l’ordre de réception à l’Ambassade», confit-elle au reporter du Messager. Agé de 53 ans, Pius Ottou aurait été terrassé par un «arrêt cardiaque», comme l’indique Claire Caroline Mewali, la nièce du défunt. « Les premiers examens avaient d’abord révélé qu’il s’agissait d’un cancer du foi. Mais les autres médecins ont trouvé le contraire et la confusion s’est installée. Ce que je sais, c’est qu’il étouffait chaque fois qu’il voulait parler», se remémore cette jeune femme qui dit avoir fait ses premiers pas chez le défunt. « Nous l’appelions Ottou en famille et Tonton lorsqu’il y avait les étrangers», se souvient-elle.

Pour Sindjou Pokam, Pius Otto incarnait une tendance révolutionnaire au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). « C’est avec émotion que j’ai appris sa mort. Avec lui et Ateba, nous avions constitué un espace d’échange dénommé le grand collège. Le défunt y a apporté une contribution d’économiste impartiale. La nouvelle génération devrait s’inspirer de ce grand homme», conseille l’enseignant de philosophie. La dépouille de ce fils de l’arrondissement de Mbankomo a été déposée à la morgue de l’Hôpital général de Yaoundé.

camernews-Pius-Ottou

camernews-Pius-Ottou