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Après avoir Courtisé le Chef de l’etat Français pendant trois ans, Paul Biya a enfin obtenu de ce dernier qu’il consente à fouler le sol Camerounais

Après avoir Courtisé le Chef de l’etat Français pendant trois ans, Paul Biya a enfin obtenu de ce dernier qu’il consente à fouler le sol Camerounais

Une visite-éclair, obtenue difficilement, et qui ne devrait pas excéder les cinq heures de temps. Le pilote de l’Airbus A330, l’avion présidentiel français, pourrait laisser tourner les moteurs, juste le temps pour son illustre passager, le président François Hollande, de « faire un saut » au palais d’Etoudi où son homologue camerounais le recevra en audience. Le temps d’un entretien et d’un toast, et le président Hollande va reprendre les airs. Si la tranche horaire de cette journée du 3 juillet 2015 n’est pas encore officiellement connue, toutes les sources s’accordent sur le fait que le « séjour » du président français au Cameroun ne devrait pas aller au-delà des cinq heures. Certains pensent d’ailleurs que ce passage pourrait prendre encore moins de temps. Une conférence de presse que devrait accorder l’illustre hôte reste encore à confirmer. Service minimum donc pour François Hollande qui doit ménager la chèvre et le chou : ne pas irriter davantage une opinion française qui lui est depuis toujours défavorable en s’affichant avec le chef d’un régime jugé autoritaire, et ne pas froisser un président Paul Biya qui sait depuis 2012, se rendre utile au locataire de l’Elysée. Un vrai numéro d’équilibrisme.

Depuis l’accession de François Hollande à la magistrature suprême, le 6 mai 2012, le président camerounais n’a eu de cesse de vouloir entrer dans ses bonnes grâces. Peu friand des rencontres de haut profil, encore plus celles organisées par ses homologues africains, Paul Biya n’a pourtant pas hésité en octobre 2012à se rendre à Kinshasa en République démocratique du Congo où se tenait le sommet de la Francophonie où il rencontra Hollande. Janvier 2013, Paul Biya force la main à François Hollande et se fait inviter à l’Elysée. Le monde retiendra encore l’embarras de la diplomatie des deux pays à cataloguer cette visite. Voici ce qu’en avait écrit le quotidien Mutations : « Lundi dernier, Paul Biya, qui effectue une visite de travail en France du 28 Janvier au 2 février 2013, a été accueilli au bas de la passerelle, à l’aéroport d’Orly, ni par un ministre, ni par un secrétaire d’Etat, encore moins par le président français, mais par l’ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain, accompagné pour la circonstance de son homologue camerounais, Mbella Mbella, qui fait partie de la suite officielle de Paul Biya. Pas de quoi refroidir le président camerounais, dans le froid hivernal parisien ».
Retour en grâce

Aux autorités camerounaises qui avaient voulu donner à cette visite la tonalité qu’elle n’avait pas, la diplomatie française va recadrer les choses : « Il ne s’agit pas d’une visite d’Etat ou d’une visite officielle, mais bien d’une visite de travail, qui vient en troisième position en terme de hiérarchisation protocolaire ». Et pour faire bon poids, le président français ne s’était pas privé de faire mauvaise figure en accueillant son homologue sur le perron de l’Elysée. Mais, l’affront n’était pas de nature à décourager « l’homme lion », qui sera à nouveau à Paris en décembre de la même année à la faveur du sommet France-Afrique. Rencontre au cours de laquelle il sera agressé au piment par un groupe d’activistes camerounais. François Hollande ne cache pas son acrimonie envers ce chef d’Etat qui a déjà passé plus de trente années sur le strapontin présidentiel. De son côté, Paul Biya ronge son frein. La nébuleuse Boko Haram va finalement lui offrir une occasion en or d’entrer dans les bonnes grâces des autorités françaises.

En effet, les otages français de Boko Haram (la famille Moulin-Fournier, le père Vandenbeush) kidnappés au Cameroun et emmenés au Nigéria voisin par les supplétifs de la secte Boko Haram, vont être libérés avec la diligence des autorités camerounaises, qui n’ont par ailleurs pas regardé à la dépense.

Le Cameroun entre en guerre contre Boko Haram quelques mois plus tard, en mai 2014, guerre déclarée à Paris par le chef suprême des armées camerounaises. Conséquence pour le moins inattendue de ce conflit : l’exacerbation du sentiment anti-français par une partie de l’opinion qui voit derrière les assaillants la main plus ou moins scélérate de la France. Sentiment que les autorités camerounaises vont regarder avec une certaine complaisance. Ceci, et avec l’attribution de la réalisation des grands projets d’infrastructures qui échappent, étrangement, de plus en plus aux compagnies françaises, Paul Biya dispose désormais de deux fers au feu. Suffisant pour exercer une douce pression sur Paris.

La venue du président Hollande au Cameroun marque, à n’en point douter une tentative de dégager le ciel des relations entre Paris et Yaoundé qui s’obscurcissait dangereusement. Ce qui n’était pas une bonne chose pour les deux parties.

 

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