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APPENDICE DU RDPC OU ALTERNATIVE REVOLUTIONNAIRE AU SERVICE DE NOTRE PEUPLE ?

L’UPC DANS LE CONTEXTE ACTUEL. Le contexte actuel du Cameroun est préoccupant. Le pays a entamé une fin de règne pleine d’incertitudes et de dangers. Dans ce contexte, l’UPC dispose de quelques sérieux atouts.
–   Son potentiel de cadres,
–   Ses possibilités de redéploiement qui résulteraient, dialectiquement, de ses divisions, en cas de sursaut et d’une réelle volonté de regroupement salutaire ;
–   Son impact historique exclusif dans le pays qui tient au fait d’avoir été le seul parti nationaliste à avoir posé  les questions de la Réunification et de l’Indépendance nationales et à avoir combattu les armes à la main pour imposer cette Réunification et cette Indépendance aux puissances occidentales occupantes.

Dans le but manifeste de la décrédibiliser, on nous pose la question de savoir ce que vaut l’UPC aujourd’hui, et l’on s’empresse  de répondre par le nombre de communes (9), de Députés (3), et de Sénateurs(0)…. Erreur : primo parce que les élections dans notre pays sont  grossièrement truquées depuis l’Indépendance  en reconduction des méthodes coloniales, et secundo parce que les divisions de l’UPC, qu’elles fussent provoquées par le régime ou par les upécistes eux-mêmes, ne permirent jamais à l’UPC de prendre une part significative aux élections néocoloniales, faute d’une vision et d’une stratégie communes.
    Par contre, deux phénomènes attestent du poids de l’UPC dans la vie politique du pays. Le premier est qu’à tout moment le pouvoir en place se bat pour garder l’UPC dans son jeu politique dût-il recourir à l’ingérence pour qu’elle ne soit pas rejetée hors des Institutions, comme on l’a  vu lors des élections municipales et législatives de 2013. Le second est l’intérêt que les Camerounais dans leur ensemble continuent à porter à l’UPC et qui montre bien que le parti nationaliste reste au centre de la vie politique nationale, quoi qu’on en dise.

II.  QUE VEUT LE SECRETAIRE GENERAL DU PARTI AU POUVOIR ?
 
Il semblerait que M. KUETE veuille relancer le dialogue ou même l’alliance avec l’UPC. Cette initiative  n’arrive pas au hasard. Elle annonce que le parti au pouvoir se prépare à affronter de réelles difficultés politiques et voudrait, une fois de plus, se servir de l’UPC dans la tromperie, comme d’un gilet de sauvetage.
Or, peut-il y avoir aujourd’hui un dialogue entre l’UPC et le parti au pouvoir sans l’initiation et l’aboutissement  d’un dialogue inter-upéciste préalable ? En l’état actuel des choses, le parti au pouvoir dialoguerait exclusivement avec ses amis (pour ne pas dire ses agents), et le dialogue UPC/RDPC,  se réduirait  en fait à un dialogue du RDPC avec lui-même. Et rien n’empêcherait certains camarades rompus à ce type de besogne  de faire du dialogue avec le parti au pouvoir un fonds de commerce pour leurs intérêts personnels…

C’est donc un non catégorique qu’il faudrait opposer pour le moment aux manœuvres  initiées par M. KUETE.  D’abord parce que seul un dialogue inter-upéciste préalable, serein, permettrait d’établir le bilan  de l’alliance  de dupes dans laquelle feu Kodock s’est  embourbé et d’interpeller le parti au pouvoir pour qu’il s’explique – avant tout nouveau « dialogue » ou toute nouvelle « alliance »-  sur les nombreux manquements graves aux engagements pris à l’époque vis-à-vis de l’UPC par le RDPC. Ensuite parce que la précipitation au créneau de camarades qui se sont toujours signalés  comme des complices du pouvoir néocolonial semble indiquer qu’il s’agit bien d’un coup monté. Et quand on constate par ailleurs l’intense diffusion avec l’appui des médias d’Etat des thèses qui sapent les fondements idéologiques de l’UPC, thèses dont les propagateurs agissent en « cinquième colonne » au service  du pouvoir néocolonial, on est fondé à redouter une  véritable opération de torpillage de l’UPC.

III.  CRITIQUE DES PRINCIPALES THESES DES NEO-SABOTEURS:

Nous en retiendrons cinq pour  un bref examen :
–  L’UPC n’est  pas divisée proclament les opportunistes de droite comme de gauche, chaque groupe se posant comme représentant exclusif de l’UPC. En tout cas elle n’est pas plus divisée que les autres partis politiques camerounais. Le problème de l’unité n’est donc ni important ni urgent pour notre lutte.
–  Le Minat/d  n’a joué aucun rôle dans l’unification des groupes upc nés de l’éclatement des amis de Kodock, avant les élections municipales et législatives de 2013.
–  L’UPC n’est ni dans l’opposition, ni dans la majorité présidentielle.
–  Kissamba n’aurait pas dû « démissionner de l’UPC » en 1990, c’est ce qui a provoqué vingt- cinq ans d’incurie dans la lutte…
–  L’UPC demande au Président Biya de bien vouloir  organiser une transition sans violence dans le perspective de son départ du pouvoir.
 
1/  Les divisions de l’UPC : fiction ou réalité ?
 La négation de la division de l’UPC aussi bien par les militants opportunistes de droite que de gauche est une attitude de mauvaise foi intellectuelle par laquelle les uns et les autres cherchent obstinément à éviter de se remettre en cause et de  s’engager dans le travail politico-idéologique de reconstruction du parti de Ruben Um Nyobe, sur ses véritables fondements originels. Cette mauvaise foi grossière répond à la défense aveugle d’intérêts mesquins au nom desquels la lutte du peuple camerounais est sacrifiée.

a) Des  divisions réelles :

Un groupe de « radicaux » dit des « fidèles »  mais en rupture avec la ligne  unitaire de l’UPC au profit d’une auto-marginalisation trotskyste, sous les apparences d’une surenchère idéologique puriste historiquement stérile, se distingue du groupe des héritiers divisés de Kodock dont les chefs de file s’affrontent farouchement en cherchant chacun à se faire adouber par le RDPC comme successeur de l’ancien Ministre d’Etat. Ces derniers  courtisent le pouvoir à travers ses réseaux des sectes pour décrocher un poste ministériel.

C’est une tradition chez les opportunistes de droite de rejeter l’unité de l’UPC. Kodock et ses collaborateurs affirmaient que l’Unité de l’UPC est déjà  réalisée au sein de leur groupe. En fait les partisans de cette ligne considèrent l’unité comme handicapante pour leurs démarches auprès du régime en quête de prébendes et postes. Aussi ne parlent-ils jamais des « radicaux », et n’évoquent-ils jamais l’unité des upécistes incluant toutes ses tendances…Curieusement, c’est la même attitude qu’adopte l’administration : quand elle parle de dialogue « inclusif », il ne s’agit que des « héritiers » de Kodock…

Quand on s’est formé dans les années de braises des mouvements de libération du Tiers-Monde, et des conflits idéologiques du mouvement socialiste international en crise, on n’a pas besoin d’effort particulier pour reconnaître un texte ou une analyse émanant de tel courant marxiste-léniniste ou de telle chapelle trotskyste. Nous ne verrions aucun inconvénient particulier à l’apparition d’un groupe Trotskyste dans la vie politique camerounaise. Ce que nous déplorons chez nos camarades radicaux c’est « d’introduire  le trotskysme en contrebande ». Et nous sommes d’autant plus fondé à déplorer cette démarche qu’au regard de plus d’un siècle de trotskysme, nulle part au monde ce dernier n’a mené un peuple à la  victoire. Or, en ce qui concerne la lutte de notre peuple contre la dictature néocoloniale, l’unité des patriotes  que repoussent les trotskystes, est et reste la clef de la victoire.

b/ un argument idéologique faible « tous les partis sont divisés ».

« L’UPC n’est  pas plus divisée que les autres partis politiques… »  Oui, mais quand on reconnaît ou fait  semblant de reconnaître par démagogie un rôle central à l’UPC dans la vie politique camerounaise, on doit reconnaître que les divisions de cette force centrale, de ce parti historique ne sauraient être assimilées ou comparées aux divisions des autres partis politiques du pays ! Et de fait les divisions de l’UPC impactent fortement sur la vie politique camerounaise, ce qui permet de prévoir que l’unification de l’UPC aura sur la vie  politique nationale des conséquences positives, profondes et irréversibles…
 
c/ Pourquoi  sommes nous convaincus qu’il y aura finalement  unification de l’UPC ?

Tout simplement parce que les deux principaux  courants upécistes présentés ci-dessus sont sur des stratégies d’impasses.
      La stratégie d’aliénation de l’UPC ou pouvoir néocolonial a totalement échoué avec son initiateur Kodock (et avant lui avec Mayi Matip). Or les héritiers de Kodock  n’ont ni les atouts relationnels  que Kodock avait avec Paul Biya, ni les compétences de l’ancien Ministre d’Etat. De surcroît, le contexte a négativement changé.
    Quant aux « Radicaux », il y a plus de vingt-cinq ans  qu’ils ne cessent de démontrer leur inaptitude à faire démarrer la machine upéciste….
    Certes ces deux groupes s’obstinent et refusent tout dialogue.
    «  Il peut toujours parler, il peut toujours écrire, ventre affamé n’a point d’oreille : nous nous en tenons à la chasse au  gombo, nous voulons un ministère » nous  diront les opportunistes de droite.  Qu’à cela ne tienne : pour notre part, nous continuerons à mettre le Chef de l’Etat en garde contre la nomination d’un Ministre issu des rangs de l’UPC pour  favoriser un groupe et exacerber les divisions. Un tel Ministre proclamera qu’il a été nommé à titre personnel et ne doit rien à l’UPC, comme le fit l’ancien Président de la Section RDPC de Bordeaux (Hogbe Nlend)… Nous continuerons  en tout cas à sensibiliser les upécistes de toutes les tendances pour qu’ils continuent à lutter pour une unification de l’UPC qui seule peut permettre à notre parti de retrouver son identité véritable et sa puissance comme alternative révolutionnaire au service de notre peuple et des peuples africains.

d/ Un faux procès de diversion

On ne se positionne pas dans une lutte patriotique ou révolutionnaire en calomniant ses compagnons par de grossiers mensonges. En ce qui concerne Kissamba, les upécistes et tous les patriotes camerounais sérieux peuvent témoigner qu’il a toujours accédé à ses responsabilités dans la lutte après de fortes sollicitations de ses camarades, (Président de l’UNEK, Membre du Comité Révolutionnaire de l’UPC présidé par Ernest Ouandié, Commandant en Chef Opérationnel du IIème Front de l’ALNK, Secrétaire Général de l’UPC…) toujours sur sollicitation de ses camarades, en faisant ses preuves dans l’action, sur le terrain, sans compter a priori sur les atouts illusoires d’un gros compte en banque ou du tribalisme. Et c’est sans doute pour cela qu’il  céda sa place sans la moindre réticence à ceux qui se disaient prêts à mieux  faire que lui….
      Un peu de bon sens permet de comprendre  qu’aucun patriote ne saurait démissionner de ses responsabilités sans de sérieuses raisons et sans  souffrances personnelles : la démission de Kissamba « de toutes ses responsabilités dans le parti » fut justifiées par de graves désordres internes dont les auteurs préférèrent se cacher  derrière la thèse légère d’une « démission sur un  coup de tête ». On notera qu’en décrétant que Kissamba avait « démissionné de l’UPC »  et non de ses responsabilités dans l’UPC, les  petits opportunistes mesquins avaient perdu le sens des intérêts de la lutte en jubilant de pouvoir désormais « diriger eux aussi », s’acharnant  à empêcher  tout retour de Kissamba….
   Dire donc que Kissamba n’aurait pas dû démissionner est une vue de l’esprit. Quand de petit-bourgeois ont subjectivement la conviction de porter en eux des « destins nationaux », ils ne peuvent pas composer paisiblement avec  ceux de leurs compagnons dont le seul tort est de connaître leurs limites.
 
  D’ailleurs  ceux–là mêmes qui proclament que « Kissamba n’aurait pas dû démissionner en 1990 » auraient été les premiers à se mobiliser contre lui s’il n’avait pas laissé les autres « diriger eux aussi ».
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  A notre sens, la politique n’est pas un jeu. On n’adhère pas à l’UPC pour « réussir en politique » ou « faire carrière en politique ». On adhère à l’UPC pour  contribuer à l’avènement d’un Cameroun Nouveau, réellement libre de toute domination étrangère, réellement démocratique et prospère, et pour œuvrer à la naissance d’une Afrique Nouvelle, qui ne sera plus soumise à l’oppression et au pillage, et qui consacrera ses richesses au bonheur de ses peuples grâce à la création, par la lutte de ces derniers des Etats-Unis d’Afrique.
 
 2/ Contre-vérités et incohérences :
   Prétendre que le Minat/d n’aurait joué aucun rôle dans la mise en place du dispositif qui permit en 2013  la participation de l’UPC aux élections municipales et législatives est tout simplement  une contre-vérité. Notons seulement  qu’il est triste qu’on puisse se réclamer de l’UPC et assener publiquement de tels mensonges à l’opinion.
    Comment peut-on comprendre que les militants et dirigeants d’un grand parti comme l’UPC puissent ne pas savoir quelle est leur position par rapport au régime ? Et pourtant d’aucuns reconnaissent souvent que la principale contradiction de la vie politique nationale oppose le régime néocolonial et l’UPC. Alors, comment l’un des termes d’une contradiction fondamentale peut-il disparaître pour se retrouver dans le vide ?
     La formule selon laquelle «  l’UPC n’est ni dans l’opposition, ni dans la majorité présidentielle » se traduit aujourd’hui par des orientations malsaines pour notre Parti !
 
a/ L’action du groupe dirigeant de l’UPC dite gouvernementale et ses députés  s’abstiennent de toute critique à l’endroit du régime et adhèrent à la politique du RDPC dans tous les domaines.  Ni la violation de l’Article 66 de la Constitution (Déclaration de patrimoine) par le Président Biya, ni le vote de la loi  dite anti-terroriste, n’ont démenti cette soumission absolue  au pouvoir néocolonial. Et cette soumission absolue au pouvoir en place est  d’autant plus inconditionnelle que les uns et les autres s’épient et s’observent dans une concurrence farouche pour s’afficher chacun comme le plus crédible pour un Ministère ou tout autre poste.
b/ Dans ces conditions, la proclamation de la non-appartenance à la majorité présidentielle n’est qu’une clause de style pour préserver un minimum d’autonomie pour des tractations futures.

Camarades,  pour sauver l’UPC des politiques d’aliénation et de blocage sur place, il n’y a pas d’autre solution aujourd’hui que de les dénoncer et de dénoncer les équipes dirigeantes qui s’y accrochent,  pour que les partisans  de l’unité et de la redynamisation puissent se déployer en force dans toutes les tendances et à tous les niveaux. Quant à la demande des upécistes gouvernementaux qui souhaitent que le Président Biya organise une transition sans violence avant de quitter le pouvoir, elle apparaît stupéfiante de naïveté. Ils ne connaissent pas « l’homme-lion »… S’ils pensent réellement que l’UPC et le RDPC représentent deux projets sociaux et politiques contradictoires, comment imaginent-ils que le Président du Parti au pouvoir va organiser le transfert de ce pouvoir du RDPC à l’UPC ? Pourquoi ne peuvent-ils pas comprendre qu’aucun « gouvernement d’union nationale » ne peut se faire autour d’un pôle unique (qui n’aurait pas besoin d’une telle politique parce qu’il se suffit), et que dans le contexte national camerounais, seule une remobilisation  d’une UPC fortement regroupée pourrait crédibiliser une telle hypothèse, alors que les quémandeurs de postes ministériels s’acharnent contre l’unité des upécistes ?…  
 
SORTONS D’UNE CONFUSION TOTALE DONT IL NE PEUT RIEN NAITRE DE BON.