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ALTERNANCE : L’APPUI DE LA FRANCE AUX PEUPLES

ALTERNANCE : L’APPUI DE LA FRANCE AUX PEUPLES

Le président français a déclaré samedi à Dakar que « là où les règles constitutionnelles sont malmenées », les citoyens bénéficieront du soutien nécessaire pour faire prévaloir la démocratie.

Certains chefs d’Etats africains étaient mal à l’aise samedi dernier lors de la cérémonie d’ouverture du XVème sommet de la Francophonie à Dakar au Sénégal. Ils n’en avaient pas encore fini de méditer sur le soulèvement populaire au Burkina Faso qui a amené le peuple à chasser Blaise Compaoré du pouvoir après 27 ans de règne, que le chef de l’Etat français venait y ajouter son grain de sel. Dans son discours, François Hollande a mis en garde tous les dirigeants qui s’accrochent au pouvoir et ceux qui sont tentés de modifier la Constitution de leurs pays pour s’y éterniser.

« La francophonie est soucieuse des règles de la démocratie, de la liberté du vote, du respect des ordres constitutionnels et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples, à des élections libres », a-t-il déclaré. « Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, a-t-il poursuivi, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie. »

Et le président français de saluer le coup de force populaire qui s’est produit il y a quelques semaine au Burkina Faso. « Il y a quelques semaines, dit-il, le peuple burkinabè a fait une belle démonstration. A lui aussi de maitriser ce processus, de faire en sorte que les règles puissent être posées et encore une fois respectées, que la réconciliation vienne et que l’on évite tout règlement de compte inutile. Mais aussi ce qu’a fait le peuple burkinabè, doit faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel.

Parce que ce sont les peuples qui décident. Ce sont les élections qui permettent de savoir qui est légitime et qui ne l’est pas. » Alors qu’une partie de la salle applaudit des deux mains, les visages de certains dirigeants, notamment ceux d’Afrique sont crispés. D’un côté les vieux, accrochés au pouvoir depuis plusieurs décennies après avoir torpillé la Constitution pour s’assurer un règne à perpétuité (Paul Biya, Obiang Nguéma, etc.) et de l’autre, ceux que l’idée d’une modification de la loi fondamentale tente (Sassou Nguesso, Joseph Kabila, etc.)

Dans une interview accordée par la suite à Rfi, le président du Niger Mahamadou Issoufou va corroborer les propos du président français. Il prône l’alternance en Afrique et soutient que ce qui s’est passé au Burkina Faso devrait faire réfléchir. Pendant que les dirigeants africains hostiles à l’alternance dans leurs pays sont mis en garde, un ancien chef d’Etat est unanimement salué par ses pairs. Abdou Diouf l’ex président de la République du Sénégal et secrétaire général sortant de l’Oif est présenté en modèle de démocrate et d’homme d’Etat exemplaire.

Les orateurs se succèdent à la tribune. « Avec la famille francophone, ici, à Dakar, déclare François Hollande, nous voulons dire au président Abdou Diouf non seulement notre amitié et notre reconnaissance, mais nous pouvons lui dire, grâce à lui ce qu’est un homme d’Etat. Un homme ou une femme d’Etat sert d’abord son pays, c’est son devoir. Mais un homme, une femme d’Etat, sert aussi des valeurs universelles et est capable à un moment de s’élever au de là même de sa condition nationale  pour devenir un acteur de la vie internationale et c’est ce que vous avez fait, cher Abdou Diouf. »

L’hôte du XVème sommet de la Francophonie, Macky Sall va lui aussi rendre un vibrant hommage au secrétaire général sortant de l’Oif pour l’ensemble de son oeuvre. « Devant la communauté francophone et le peuple sénégalais que vous avez tant servis, déclare-t-il, en reconnaissance de votre oeuvre, je donne votre nom à ce magnifique Centre international de conférences, qui s’appellera désormais Centre international de conférences Abdou Diouf, Cicad. Une façon de vous dire « dieureudieuf », merci, en langue nationale wolof ». » D’autres dirigeants verront en Abdou Diouf le « sage », le « grand frère ». Preuve qu’il y a une vie et des honneurs même après le pouvoir.

 

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