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Alternance au sommet de l’Etat: Le testament de Paul Biya à ses jeunes compatriotes

Alternance au sommet de l’Etat: Le testament de Paul Biya à ses jeunes compatriotes

«Je voudrais que l’histoire retienne de moi, l’image de l’homme qui a apporté la démocratie et la prospérité au Cameroun».

Il avait martelé cette forte conviction au micro de Yves Mourousi. Ça fait plus d’un quart de siècle. Le temps passe vite, mais c’est comme si c’était hier. En quelques semaines et en deux discours, Paul Biya vient de s’exprimer sur des sujets qu’on aurait tort d’analyser au premier degré. Avant d’évoquer ses récents propos, remontons brièvement le cours de l’histoire. Le Chef de l’Etat, à peine aux affaires, monte au créneau pour dénoncer la fameuse politique de l’équilibre régional, si chère à son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Pour Paul Biya, il serait dangereux de s’en tenir à une simple juxtaposition des tribus pour former une Nation, qui en rien, ne peut apporter le développement et l’intégration souhaités. Le nouveau Chef de l’Etat roulait résolument pour l’intégration nationale dans son sens le plus noble.

Hélas, une tentative de coup d’Etat, intervenue le 6 avril 1984, l’oblige à un repli politique stratégique. A la fin de la décennie, Paul Biya doit affronter le vent de l’Est et surtout la crise économique qui balaie une bonne partie des pays à revenus intermédiaires. Ce à quoi s’ajoutent les fameux plans d’ajustement structurel des institutions financières de Bretton Woods. Le couteau sous la gorge. Le Cameroun dos au mur, n’ a pas d’argent pour s’investir dans les grands chantiers et doit néanmoins continuer à honorer ses créances vis-à-vis de la communauté financière internationale. Mais le temps a passé et, peu à peu, le Cameroun a retrouvé sa place dans le concert des nations qui se respectent. Son économie commence lentement à reprendre quelques couleurs en avril 2006, avec l’atteinte du point d’achèvement, sa diplomatie confirme son altruisme en même temps que son leadership sous-régional s’affirme de façon à la fois discrète et efficace.

En un mois et demi environ, écrivions-nous plus haut, Paul Biya s’est oralement distingué sur deux tableaux, à la fois ambivalents, mais qui, mis bout à bout, traduisent une démarche cohérente. Le 31 décembre 2013, il s’en prend violemment à ceux qui piétinent la primauté de l’intérêt général et la coordination des efforts collectifs: «Bien qu’attachés à nos communautés d’origine — ce qui ne nous empêche pas d’être de fervents patriotes lorsque l’honneur national est en jeu — nous sommes un peuple d’individualistes, plus préoccupés de réussite personnelle que d’intérêt général. Notre administration reste perméable à l’intérêt particulier. Ce dernier est le plus souvent incompatible avec l’intérêt de la communauté nationale. Dans un Etat moderne, cette dérive ne doit pas être tolérée. La plupart de nos grands projets mettent en jeu, à un stade ou à un autre de leur mise en œuvre, les compétences de divers services. Je ne suis pas sûr que l’indispensable coordination entre ceux-ci ait toujours lieu. Il nous faudra sans aucun doute améliorer les choses de ce point de vue».

Il en appelle donc à un sursaut patriotique. Le 10 février dernier, il change de registre tout en gardant le cap de la pédagogie engagée. A ses jeunes compatriotes, le Chef de l’Etat recommande le respect de la morale publique, synonyme d’adhésion à l’intégration nationale qui constitue le ciment de la Nation camerounaise. C’est un véritable tournant, dans la démarche politique du Président de la République. D’aucuns y verraient une sorte de testament, à l’endroit de ces jeunes appelés, dans 20 ans, à permettre au pays d’accéder à l’émergence et à qui il attribue «un rôle essentiel, un rôle crucial à jouer» vers l’émergence.

Tout est dit: l’homme s’est battu sans relâche pour la démocratie et la cohésion nationale. Il demande aux jeunes de prendre le flambeau, et toute responsabilité et imbus d’un patriotisme à toute épreuve. Il leur ouvre les portes et leur permet de s’installer dans le chantier de la construction nationale.

En prolongeant l’exercice, on peut d’ores et déjà imaginer que Paul Biya, joignant le geste à la parole, ne manquera pas de donner la place qu’il faut à ces jeunes, patriotes engagés, à qui il est en train de confier les leviers de la Nation, dans le prochain gouvernement. Paul semble donc résolument engagé, cette fois, dans une autre logique: celle de la succession. Naturelle.

Dernière heure

Au moment où nous allions sous presse, nous apprenions de bonne source que des jeunes de la capitale, soutenus par des élites, entendent comme il est de tradition depuis quelques années, célébrer l’anniversaire de Paul Biya. Ce 13 février 2014 en effet, autour de 13h à Yaoundé, ces garçons et filles se réunissent au Palais des congrès pour souhaiter leur part de «Joyeux anniversaire !!!» à ce natif de Mvomeka’a qui vit le jour le 13 février 1933.

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