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Albert Roger Milla : “pourquoi je n’ai pas soutenu la candidature d’Hayatou à la fifa”

Albert Roger Milla : “pourquoi je n’ai pas soutenu la candidature d’Hayatou à la fifa”

L’ambassadeur itinérant à la Présidence de la république, meilleur footballeur africain du 20ème siècle, revient sur la polémique qui l’a opposé en 2002 à son compatriote président de la Caf ; ainsi que sur le limogeage de Finke, et sa rencontre avec Tombi à Roko.

Excellence, un mot sur Issa Hayatou que la Nation célèbre comme président par intérim de la Fifa?
Il a été mon secrétaire général, il a été mon président, on a fait plein de compétitions ensemble lorsqu’on était à l’école. Je peux juste l’encourager à aller de l’avant. Il n’y a pas autre chose. C’est dommage que l’intérim ne dure que trois mois. Pour une institution comme la Fifa, que le président soit un noir, même si ce n’est que pour trois mois, que ce soit un Camerounais, c’est formidable.

Trois mois à peine, pour quelqu’un qui a échoué à l’élection en 2002, y a-t-il lieu de jubiler autant ?
Oui, bien sûr ! Pourquoi pas ? Il a raté la première fois parce que ça avait été difficile pour lui. Maintenant, il n’a pas postulé, il a été nommé directement par les pontes de la Fifa. Cette nomination est beaucoup plus importante que s’il avait posé sa candidature pour être président de la Fifa. Ce sont les experts de la Fifa qui le mettent à la tête de la Fifa. Ce n’est pas l’exécutif de la Fifa. C’est à féliciter, c’est à manifester. C’est pour cela que tout le mouvement sportif lui rend cet hommage.

En 2002, vous n’aviez pas soutenu Issa Hayatou, candidat contre votre ami Blatter…
Non, je suis désolé, parce qu’il y a des gens qui font souvent de l’amalgame. Je n’avais pas été moi-même, en tant que son compatriote, consulté, approché ou même informé qu’il allait mettre sa candidature pour être président de la Fifa. Nous avions déjà été contactés par le président Blatter, Abédi Pélé, Georges Weah et moi, pour soutenir sa candidature sur le continent africain. La candidature du président Issa Hayatou est venue après, lorsque nous avions déjà pris des engagements avec Sepp Blatter.

Les gens ont essayé de m’opposer au président Hayatou. Je les ai pardonnés parce qu’ils ne savaient pas ce qui se passait. Les mêmes personnes sont allées chercher les (Jean Pierre) Papin pour soutenir la candidature de Issa Hayatou.

Comment peut-on aller chercher des Français pour soutenir la candidature d’un Cameroun. Papin a joué au football plus que qui ici au Cameroun ? Dites-moi. Ce sont des choses qui nous énervent souvent, nous Africains. Les gens ont essayé de faire en sorte que le président Hayatou et moi soyons des ennemis. Vous avez suivi mon discours : il a été mon secrétaire général, mon président ; quand je venais ici pendant les vacances, c’est dans son bureau que je venais chercher le ballon pour me remettre en forme avant de reprendre mon championnat en France.

Un mot sur le limogeage de Volker Finke ?
Je n’ai pas de commentaire à faire. Ça fait trois ans que j’ai dit que ce monsieur n’était pas un entraineur pour le Cameroun, personne n’a voulu me croire. Maintenant, personnellement je suis déçu que ce soit maintenant qu’on l’enlève. Si on m’avait écouté, on ne serait pas dans ce tourbillon, dans ce brouhaha.

Dieu merci. Dieu fait ses choses : peut-être que c’est le bon moment pour que les Camerounais qu’on a mis à sa place puisent bien faire leur travail en toute honnêteté, l’humilité et la sincérité pour qu’on puisse retrouver notre niveau. Si demain, ça ne marche pas, on pourra les remplacer par quelqu’un d’autre, peut-être toujours des Camerounais ou un expatrié.

Avez-vous été consulté pour cela, vous qui avez rencontré Tombi à Roko la semaine dernière ?
Il est venu me voir à mon domicile de lui-même. Il est venu me voir pour que cette querelle se termine. Je l’ai accueilli. Mais avant, j’ai demandé conseil au ministre, si je pouvais l’accueillir ; il m’a dit oui. Voilà comment je l’ai accueilli. Maintenant, tout est en place. Nous allons essayer de l’accompagner pour que le travail soit bien fait.

Je lui ai dit que je veux un travail propre. Ma première chose était qu’il intègre tous les anciens footballeurs qui peuvent l’aider dans les commissions, être dans les équipes inférieures, des cadets aux séniors. Après on verra comment nous pouvons l’accompagner pour que le travail soit bien fait. Pour moi, quel que soit celui qui est à la tête de la Fécafoot, le plus important est que le football camerounais marche et que les Camerounais soient contents. Vous-mêmes vous avez vu que depuis trois ans, le peuple est très mécontent. Maintenant, nous espérons que les choses vont aller mieux.

 

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