Agence Française de Développement au Cameroun: Une véritable arnaque à ciel ouvert

L’AFD, comme on la désigne plus facilement, est l’outil par lequel la France contribue au développement de certains pays avec lesquels elle entretient des relations de coopération économique.

Elle est présente dans presque tous les pays d’expression Française y compris au Cameroun.
Au pays du Président Paul Biya, sa présence remonte au début des années de l’indépendance. Elle compte plus de 50 années de présence dans le pays. Mais peut-on pour autant dire qu’elle a contribué à le développer ?
Des financements diversifiés Partenaire au développement du Cameroun, l’Agence Française de Développement intervient financièrement de diverses manières. De 2006 à 2012, pour ne considérer que cette période-là qui est proche de nous, l’AFD est intervenue dans des subventions comme le Contrat Désendettement Développement ou C2D à hauteur de 507 milliards de FCFA contre des prêts souverains pour 288 milliards ou non souverains pour 56 milliards, des garanties pour 48 milliards, 35 milliards offerts à PROPARCO sa filiale chargée du secteur privé et 09 milliards de subventions à diverses organisations dont des ONG pour un total

de 943 milliards de FCFA en 06 ans, une moyenne d’environ 157 milliards par an.
Pour la même période 2006-2012, ces financements par secteurs d’activités sont ainsi répartis : appui au secteur de production 73 milliards de FCFA, environnement et ressources naturelles 21 milliards, agriculture et sécurité alimentaire 113 milliards de FCFA, Infrastructures et développement urbain 424 milliards de FCFA, Santé et lutte contre le Sida 63 milliards de FCFA, hors secteur 34 milliards de FCFA, Education et formation technique et professionnelle 88 milliards de FCFA et eau et assainissement 125 milliards de FCFA soit un total cumulé de 941 milliards de FCFA.
L’AFD finance également le projet de construction du barrage hydroélectrique de Lom Pangar, les projets d’électrification rurale à hauteur de 39,4 milliards de FCFA pour une enveloppe globale de 300 milliards de FCFA, o2 contrats de Désendettement et de développement de 352 et 214 milliards de FCFA signés respectivement en Juin 2006 et en Juillet 2011 ; sans oublier la construction du second pont sur le Wouri.
Si on regard tout cela, l’on peut dire sans risque de se tromper que l’AFD contribue au développement du Cameroun. Mais seulement, tout cet argent investi a-t-il servi à réaliser ce pour quoi il a été débloqué ? La question mérite d’être posée.

Des investissements aux résultats douteux
Si sur le papier il ne fait aucun doute que cet argent a bel et bien été investi, sur le terrain du développement l’on se demande comment avec autant d’argent investi, le Cameroun n’est toujours pas développé ? La réponse à cette question laisse subodorer qu’une partie de cet argent a pris une autre direction. Et pour cause.
L’on se rappelle que dans les années 1970, de nombreuses salles de classe avaient été construites dans plusieurs localités du pays avec des murs partiellement en aluminium et en parpaings. La plupart de ces salles de classe n’ont pas résisté à l’usure du temps et sont presque toutes détruites ou en état de délabrement très avancé. Comment avait-on pu concevoir pareilles construction dans un pays tropical où certains éléments de la nature sont néfastes aux matériaux inadaptés ? Comment des dirigeants Camerounais avaient-ils laissé passer ce projet sans mot dire? En définitive, ce projet avait-il été bénéfique au Cameroun ? A-t-il permis au Cameroun de se développer ?
S’il s’était agi d’un prêt, ce prêt n’a-t-il pas été remboursé avec l’argent du contribuable pour rien ?
Par contre, si l’on jette un regard croisé sur le don japonais des écoles primaires, l’on s’aperçoit que celui-ci va permettre au Cameroun de se développer. Construits avec matériel local, les bâtiments ont l’air solide, sont spacieux et très aérés et les élèves qui y fréquentent se sentent à l’aise. Ces écoles ne seront pas reconstruites sous peu si elles sont bien entretenues au fil des ans. Ces deux exemples montrent, à eux seuls, la nécessité d’adapter les investissements à l’environnement et surtout à les destiner non pas aux décideurs mais aux principaux bénéficiaires que sont les populations.
L’autre exemple, le plus mauvais malheureusement et que nous ne pouvons ne pas relever, est celui de la construction du second pont sur le wouri? Beaucoup d’encre et de salive ont coulé à ce propos et nous n’y reviendrons pas. Relevons en passant, que selon certaines informations qui nous sont parvenues, une entreprise chinoise qualifiée proposait de construire ce pont à un prix moins élevée. Mais au nom de la coopération avec la France,
l’entreprise chinoise a été déclassée au profit d’un consortium Français qui, malheureusement utilise une main-d’œuvre chinoise. Comment a-t-on pu déclasser cette entreprise au profit du consortium Français ? Y a-t-il eu des dessous de table ou des pressions des autorités françaises dans ce dossier ?
Comment a-t-on pu refuser le principe du moins disant en la matière au profit du plus disant ?
Pis encore, les travaux de ce pont ont été à l’arrêt pendant plusieurs mois à la suite d’un malheureux accident causé par, curieusement, une barge chinoise. Le propriétaire du navire avait offert ses services et son argent pour réparer le préjudice mais la partie française avait décliné l’offre, la surévaluant et exigeant que l’argent lui soit versé pour qu’elle-même mène ces travaux. Il s’en est suivi de longues tractations ayant abouti à l’arrêt des travaux ce qui suppose qu’un délai supplémentaire devra être accordé à l’entreprise et l’on parle de la signature d’un avenant de près de 50 milliards de FCFA signé par la partie Camerounaise ; information qu’il sera difficile d’infirmer ou de confirmer. Mais si jamais elle est avérée, faudra-t-il croire que l’on donne de la main droite ce que l’on reprend de la main gauche ?
C’est ici que l’on devrait mieux comprendre l’attitude du Président Paul Biya qui a, mieux que quiconque, intégré la notion de multiplication des partenaires. Il a dû constater que le seul partenariat avec la France n’était pas bénéfique au Cameroun et c’est la raison pour laquelle il ne cesse de chercher des partenaires dans d’autres continents comme l’Asie ou l’Amérique à l’instar des Brésiliens ou des Chinois.