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Afrique Média épinglée – Le CNC: des saisines à tout va…

Afrique Média épinglée – Le CNC: des saisines à tout va…

Le promoteur d’Afrique média et trois de ses journalistes convoqués pour s’expliquer sur « des cas d’atteintes aux exigences professionnelles d’éthique et de déontologie». L’auto-saisine de l’organe gouvernemental étonne au sein de la chaîne de télé.Le Conseil national de la communication (Cnc) est fâché avec Afrique média. Le «directeur de la publication» de cette chaîne « panafricaine » et trois de ses journalistes sont en effet convoqués le 13 octobre courant au siège de l’organe gouvernemental de régulation des médias au Cameroun. Justin Tagouh, Michel Yetna, Hubert Etoundi et Juliana Tadda seront auditionnés  au sujet  des « extraits susceptibles de constituer des cas d’atteintes aux exigences professionnelles d’éthique et de déontologie en matière de communication sociale», mentionne la note de convocation signée le 30 septembre dernier par le vice-président du Cnc, le journaliste à la retraite, Peter Essoka et dont Le Messager a obtenu copie.

Les extraits querellés ont été diffusés les 7, 29, et 30 août et le 5 septembre derniers lors des émissions, ‘Edition spéciale’, ‘Le mérite panafricain’ et ‘Bouquet spécial’, émissions présentées par les trois panélistes qui devront accompagner le promoteur Justin Tagouh. Le Cnc qui va donc examiner ce cas dont il s’est autosaisi (?) et selon sa procédure de «traitement des plaintes», invite les concernés à préparer (verbalement ou par écrit) leurs arguments de défense concernant les faits qui leur sont imputés.

Fcfa, Ape, Boko Haram, etc.

Mais de quels faits s’agit-il ? Mystère et boule de gomme, car le Cnc n’en dit pas mot dans sa note. Comment donc, les concernés vont-ils préparer leur défense sans avoir connaissance claire des faits qui leur sont reprochés ? Approché, Justin Tagouh ne souhaite pas s’étendre sur la question. « Nous allons le savoir de vive voix une fois sur place. Mais le Cnc doit dire de manière claire ce qui nous est reproché. A Afrique média, on est serein », répond néanmoins Biloa Ayissi, un panéliste fidèle de la chaîne de télé mais qui n’est pas personnellement concerné, joint au téléphone par Le Messager. La convocation du Cnc a d’ailleurs fait, mardi dernier, l’objet d’un débat sur le plateau de la chaîne de télé avec entre autres comme invités : Olivier Bilè, président de l’Upf (L’Union pour la fraternité et la prospérité) et Dr Francis Ampère Simo, enseignant et spécialiste du droit des médias.

Les dates indiquées sur la convocation du Cnc, selon nos recherches, donnent une indication des sujets ayant fait l’objet de débat ces jours-là et qui manifestement, fâchent l’organe de régulation gouvernemental. Entre autres, la question liée au Fcfa dont Afrique média pense qu’il faut dissoudre au profit d’une monnaie africaine ; les panélistes dénoncent à ce sujet le Compte des opérations de la Béac logé au Trésor français et qui prive les pays africains de plusieurs milliers de milliards au seul bénéfice de la France. Mais aussi, la problématique de la signature des Ape qui, à les en croire, consacre l’hégémonie de l’économie occidentale au détriment du déjà fragile tissu économique africain, Boko Haram avec le rôle supposé des Pays du Nord dont la France, etc. Cela avait déjà valu à Afrique média sa suspension du bouquet Canal Sat. Ceci explique-t-il cela ? On ne perd rien à attendre.

Quoi qu’il en soit, « Afrique média ne cache pas son parti pris pour les questions panafricaines et se veut une réponse aux médias mainstream qui se font le devoir de véhiculer l’idéologie occidentale », explique un responsable de la chaîne ‘panafricaine’. « Par exemple, lorsque l’ambassadrice de France réitère le soutien de son pays au Cameroun dans sa guerre contre Boko Haram dans le strict respect des droits de l’homme, qu’est-ce qu’elle veut dire ? Est-ce que Boko Haram respecte ces mêmes droits de l’homme ? En réalité, tout ceci n’est qu’hypocrisie », conclut François Bikoro, un autre panéliste de la chaine de télé. De là à voir une instrumentalisation du Cnc, il y a un pas que les responsables d’Afrique média refusent de franchir. Pour l’instant. Mais ils en conviennent, « Afrique média ne fait pas du journalisme, mais la communication d’opinion sur le modèle de la palabre africaine », selon le mot de François Bikoro. Cela suffira-t-il à convaincre le Cnc ?

 

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